Vingt
films en quarante ans et toujours autant de succès au box-office.
Les James Bond sont les précurseurs des blockbusters et les créateurs
d'un nouveau genre de film d'espionnage. La franchise Bond s'exporte bien et
est la seule à avoir atteint ce niveau dans l'industrie cinématographique.
Elle est un modèle.
C'est ainsi que l'on retrouve le personnage de Bond dans des adaptations des
livres de Fleming sortant du cadre de la saga officielle. On retiendra
notamment Casino Royale, une version loufoque du premier roman de
l'auteur, et Jamais plus jamais, remake efficace de Opération
Tonnerre.
L'influence de Bond ne s'arrête pas là. Des parodies comme Austin
Powers aux déformations comme xXx, bon nombre de films sont des
références directes à l'univers bondien. Tout ceci a engendré un phénomène
de concurrence, obligeant les James Bond à évoluer et mettant parfois
la franchise en péril. Le film semi-parodique Double Team a ainsi
pris la balle au bond en faisant un constat sur l'état d'espion après la
guerre-froide et démontrant la mort du genre.
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 Jamais plus jamais: Le retour de Sean Connery |
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 Casino Royale: Le premier James Bond |
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 Austin Powers: Un agent secret très groovy |
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 xXx: Un James Bond aux testos-térones |
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 Les droits d'adaptation: une histoire de franchise |
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MY NAME IS QUINN... JACK QUINN
Double team
USA (1997)
De Tsui Hark
Scénario : Don Jakoby, Paul Mones
Avec Jean-Claude Van Damme, Mickey Rourke, Dennis Rodman, Paul Freeman
Photo : Peter Pau
Musique : Gary Chang
Durée: 1h29
5/6
Que reste t-il à l'agent secret de cinéma maintenant
que le bloc soviétique est tombé et que la guerre
froide n'est plus? Le dilemme s'est présenté aux
producteurs des James Bond. Et ils ont
soigneusement feint de l'ignorer. D'autres ont trouvé
la parage en plongeant leur agent secret dans un déluge
d'action et de pyrotechnie (xXx) ou de gags
graveleux (les Austin Powers qui, il faut le
reconnaître, n'ont de toute façon à la base pas
vocation de réfléchir sur le genre). Bizarrement, un
seul film a pris compte de cet état de fait:
aujourd'hui que la notion de blocs n'a plus court,
quel aventure proposer à un personnage d'agent secret?
Ce film, c'est Double team, un œuvre
hallucinante qu'on aurait bien trop vite fait de
cataloguer au rayon des films aware de la star belge,
véritable constat sur l'état d'espion après la fin de
la guerre froide.
Dès le générique de début du film, la désillusion est
totale. Aujourd'hui, l'agent secret a pour seule
mission de voler un camion prototype dans une usine
d'un pays de l'est. Rôle ingrat, et qui ne peut, bien
entendu, redorer le blason d'un métier qui ne fait plus
autant rêver. En effet, comment rêver devant cet agent
aux traits de Van Damme, qui se repose au bord de sa
piscine niçoise entre chaque mission ? Espion
industriel, l'agent s'ennuie et n'aspire qu'au repos.
Seul consolation, poursuivre sans cesse son ennemi de
toujours, lui aussi transfuge de la guerre froide: le
terroriste Stamos (magnifiquement joué par un Mickey
Rourke à la dérive). C'est dans cette quête que Quinn
va véritablement comprendre quel est son rôle dans ce
monde qui ne le reconnaît plus. Officiellement décédé
après un carnage survenu entre forces de l'ordre et
terroristes dans un parc d'attractions (dans lequel
Tsui Hark fait preuve de toute la virtuosité dont on
le sait capable), Jack Quinn est envoyé sur une île,
proche de celle de la série du Prisonnier, dans
laquelle sont retranchés tous les ex-agents secrets
aujourd'hui devenus gênant. C'est dans cette partie
du film que la métaphore prend pleinement son sens.
L'agent secret n'existe plus, il est mis à la retraite
anticipé, banni de la société, enfermé dans un monde
clos duquel il ne peut s'échapper. La grande erreur
du film sera malheureusement de ne pas assez s'étendre
sur cette idée magnifique et de laisser Van Damme
s'enfuir pour poursuivre sa vengeance. Il est étrange
que les scénaristes aient tout fait pour que cette
idée soit en quelque sorte tuée dans l'œuf, le film
devenant alors un pur film de metteur en scène, dans
laquelle, bien heureusement, la maestria du cinéaste
bat à plein régime. Petite déception malgré tout,
l'on aurait aimé en savoir plus sur cette île.
Anthony Sitruk
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