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LA MELODIE DU BONHEUR
THE SOUND OF MUSIC
Etats-Unis, 1965
De Robert Wise
Scénario : Ernest Lehman
Avec Julie Andrews, Christopher Plummer, Eleanor Parker
Photo : Ted McCord
Musique : Richard Rodgers
Durée : 2h47
Maria, jeune nonne à côté de la plaque, passe plus souvent ses journées à cavaler dans les montagnes et à se rouler dans l’herbe que sur les bancs de l’église pour saluer le grand barbu. Pour corriger le tir, Mme Révérende Mère l’envoie chez le rigide capitaine Von Trapp pour éduquer sa marmaille.
ENTREZ DANS LA DANSE
Il est de ces films dont on se dit à l’avance qu’ils vont nous faire sombrer dans un ennui profond, eu égard à leur titre, leur pitch ou leur longueur. La Mélodie du Bonheur prend la ligne de départ avec toutes ces casseroles. Vrai thème de musical hollywoodien, qui concentre des valeurs comme l’amitié et la joie de vivre, ce très long métrage a de quoi faire fuir tant il exsude une naïveté désuète assez hors de propos désormais. Mais — et c’est un "mais" de grande importance — quel film peut aujourd’hui autant reposer, avec son doux vent léger comme celui qui caresse l’herbe des verts alpages, ou la surface d’un lac paisible niché au creux des montagnes? En définitive, voilà le fin mot de l’histoire: La Mélodie du Bonheur a les bienfaits d’une thalasso cérébrale, d’une lampe Berger ou d’un pétard à l’eucalyptus. Et l’avant-centre crucial dans ce dispositif qu’est Julie Andrews, fascinante toupie qui chante et rit aussi mécaniquement qu’une boîte à meuh du bonheur, s’arroge sans réserve sympathie et compérage en menant la danse grâce à des ritournelles moins "plan-plans" qu’irrésistibles. C’est même un personnage pré-hippie dans son rapport à la nature et son refus des règles établies. A la toute fin, rassasié de cartes postales sur les bulbes de Salzbourg, de nonnes je-m’en-foutistes et de gamins braillards, le spectateur peut légitimement s’avouer à lui-même qu’une séance de psy impromptue, ça le vaut bien. Est-ce le secret du film, l’explication de son succès intergalactique qui lui permit de gifler en entrechats le record au box-office détenu par Autant en Emporte le Vent? En français comme en anglais, le titre ne laisse aucun doute: il est finalement bien question de sophrologie sur pellicule. Vous prenez rendez-vous?
Grégory Bringand-Dédrumel