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GINGER ROGERS
Sourire figé révélant des pommettes hautes bien marquées, longue chevelure blonde relevée en chignon laissant apparaître une nuque parfaite, corps mince, élancé, merveilleusement taillé dans le marbre, Ginger Rogers n’est connue en France que par l’intermédiaire de son duo mythique avec Fred Astaire. Pourtant, la demoiselle, née à Independance dans le Missouri, a connu une carrière bien plus variée.
Elle fait ses débuts sur grand écran à l’âge de 18 ans en même temps que la comédie musicale. En 1929, elle fait partie de ces girls qui déploient leurs jambes dans des courts métrages d’expérimentation sonore et participera de fait à la plupart des films musicaux produits par les grandes firmes. Mais Ginger a d’autres ambitions et tout en continuant à étirer les gambettes pour arrondir les fins de mois, elle se dégotte quelques films policiers et drames romantiques. En 1933, alors qu’elle devient l’une des pétales de Busby Berkeley et commence à se forger une certaine renommée dans le milieu du film noir, la RKO lui propose de faire équipe avec un fameux danseur de Broadway, Fred Astaire. Pendant qu’il envoûte la planète avec ses pas de danse, elle s’amuse à le titiller à coup de remarques caustiques. Le duo fera un tabac avec ses dix films. Mais ce succès musical n’aura pas détourné Ginger de sa carrière de comédienne accomplie. Elle enchaîne à tour de bras drames et comédies, en se laissant peu de répit. En 1941, son acharnement finit par payer. Elle remporte l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dramatique dans Kitty Foyle. Dix ans plus tard ce sera la comique Edwina Fulton qui lui vaudra une nomination aux Golden Globes pour Chéri je me sens rajeunir de Howard Hawks. Elle mettra fin prématurément à sa carrière cinématographique en 1964, préférant se consacrer à la scène, laissant derrière elle une image d’actrice souriante et décomplexée.
Julie Anterrieu