Ring
Le journaliste Asakawa enquête sur la mort inexplicable de quatre adolescents. Ceux-ci sont décédés au même moment d'un arrêt cardiaque...
A l'origine de la vague Ring, il y a un homme: Koji Suzuki. Cet écrivain, né en 1957 au Japon, demeure encore assez inconnu chez nous (puisque peu diffusé), mais jouit sur ses terres d'une popularité comparable à celle d'un Stephen King dans nos contrées. La comparaison ne s'arrête pas là: en plus d'un goût certain pour l'horreur, Suzuki voit également son oeuvre copieusement adaptée au cinéma (Ring, Rasen et Birthday formeront la trilogie Ring, ou Dark Water, qui sort le 26 février en France). Dans ce présent roman, l'adaptation apparaît comme une évidence, le noeud de l'intrigue (une vidéo maudite) étant on ne peut plus cinégénique.
Handicapée par une traduction maladroite, l'écriture de Suzuki est assez sèche, élaborant un (trop?) lent cheminement dans l'horreur. L'auteur développe des sous-intrigues qui ont été éliminées dans un long-métrage plus épuré, et se différencie par quelques détails (comme le sexe du personnage principal, qui est ici un homme, ou les composantes de la vidéo, qui dure ici une vingtaine de minutes). La malédiction via la contamination qu'elle engendre est ici plus explicitement évoquée comme une réelle maladie, telle que le sida (ou le syndrôme de Kawazaki, une maladie infantile qui a touché le Japon à partir des années 60). A travers une intrigue respectée par la transposition cinématographique, Suzuki laisse transparaître quelques thèmes qui habitent les adaptations de Nakata (comme la fascination ambiguë pour le monstre - à l'image du meilleur ami du héros, un violeur dont le personnage a été supprimé dans la version filmée). Il demeure une impression de froideur dans la façon dont Suzuki aborde l'horreur, distillant une atmosphère aussi pesante que sourde.