Harry Potter et le prince de sang-mêlé
Alors que le retour de Voldemort a été rendu officiel à la suite des événements au Ministère de la Magie, la riposte des autorités devient plus forte et plus paranoïaque que jamais: n’importe quel sorcier pourrait cacher un Mangemort. Pendant ce temps, Harry Potter et ses amis commencent leur sixième année à Poudlard.
HARRY POTTER ET LES AFFRES DE LA PUBERTE
L’avant-dernière aventure de Harry Potter contenait son lot d’attentes propres à chaque volet. Mais à mesure que le dénouement approchait et que de nouvelles questions étaient soulevées tome après tome, le cœur du potter fanatic avait de quoi se soulever à l’approche de la sortie du nouveau volet de la saga. Alors que l’Ennemi était de retour depuis la fin du quatrième volume, les promesses du livre précédent avaient alimenté avec passion le feu des allégations et des prévisions sur le contenu du Prince de sang-mêlé. Une fois encore, un personnage central devait mourir (restait à savoir lequel), une ou plusieurs nouvelles romances devaient s’épanouir et Harry Potter serait plus en danger que jamais. Rien que de très classique dans la vie d’un étudiant à Poudlard en somme. En brisant enfin la règle du nombre de pages supérieur au précédent, J. K. Rowling permet enfin de donner un rythme de croisière à une saga rongée par l’envie d’en faire toujours plus au risque de corrompre une unité déjà mise mal en point par un certain nombre d’incohérences mineures certes, mais gênantes. Ici, l’œuvre prend une nouvelle teinte plus sombre encore. La mort – déjà très présente dans les tomes précédentes – étend son ombre par delà les défenses magiques du château de Poudlard. Suivant son lectorat dans son évolution vers une certaine maturité, J. K. Rowling s’autorise quelques saillies horrifiques (voir la scène dans la cave avec l’armée de zombies entourant Harry et Dumbledore) mais approfondit particulièrement les thèmes de la perte d’un être proche, du deuil et de la vengeance, au point d’ajouter de nouvelles dimensions à ceux-ci à mesure que l’intrigue évolue.
Rowling s’éloigne également des salles de classe pour se concentrer d’avantage sur la vie autour de l’école, jusqu’à s’en échapper à plusieurs reprises (ce qui n’était pas arrivé à proprement parler avant le cinquième livre). Toutefois, on peut également remarquer que la série semble s’essouffler – sans pour autant perdre de son extraordinaire attrait – selon une tangente amorcée avec La Coupe de feu. Son intrigue se fait plus lâche, plus verbeuse, et les nouveaux éléments que l’auteur apporte à son univers paraissent bien souvent avoir été inventés précisément pour l’élaboration de ce livre. Et si les informations que l’on apprend sur Voldemort restent passionnantes, il n’en reste pas moins une sensation de manque d’approfondissement persistante. On ne pourra que regretter l’absence d’une véritable intrigue propre à ce livre (le mystère entourant l’identité du fameux Prince de sang-mêlé ne parvient pas vraiment à remplir ce rôle), sacrifiée au profit de l’intrigue générale de la saga, contrairement à la force de l’histoire du Prisonnier d’Azkaban, seul volume à atteindre un véritable niveau d’excellence. Seulement, une fois encore, Rowling a soigné sa fin et montre ses personnages ayant atteint une certaine maturité au travers d’expériences de plus en plus éprouvantes et, lorsque Harry Potter et le prince de sang-mêlé est refermé pour la dernière fois, on ne peut que réclamer la parution immédiate du dernier volet, Harry Potter et les reliques de la mort. Que le lecteur se rassure, son vœu sera exaucé le 21 juillet prochain en anglais et le 26 octobre en français.