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NOËL AU CINÉMA


Fête populaire s'il en est, Noël est un incontournable des contextes filmiques, bien plus que Halloween ou Thanksgiving, encore cantonnés aux Etats-Unis. La naissance de Jésus est célébrée dans la majorité des pays occidentaux et, à quelques détails près, les composants de cette fête traditionnelle sont partout les mêmes. Il était donc d'autant plus facile pour les cinéastes d'utiliser tous les clichés du genre en les modelant à leur gré, que Noël soit l'essence du film ou un simple détail. Arrêtons-nous quelques instants sur ces points communs internationaux, exemples à l'appui, en dégageant les principaux thèmes de cette célébration doublement millénaire.


NOËL EN FAMILLE

Evidemment, Noël est prétexte à rassemblement familial, et qui dit famille dit discussions, disputes, rires, larmes, réconciliations, secrets, révélations... En France, on est friand de cet exercice et les réunions familiales donnent souvent une bonne matière première aux dialoguistes. Ainsi, ces dernières années, on a pu s'émouvoir devant la galerie de personnages réunie par Elie Chouraqui en 1993 dans Les Marmottes, où une famille recomposée va tenter tant bien que mal de passer un réveillon dans la joie et la sérénité. Les amours se font et se défont dans les paysages savoyards, les visages se dévoilent, tout en douceur cependant, grâce à une belle brochette de comédiens, dont la jeune Virginie Ledoyen, et aux dialogues d'Elie Chouraqui et Danièle Thompson. Celle-ci festoiera de nouveau en 1999 en réalisant La Bûche, qu'elle co-écrit avec son fils Christopher. Il y est encore question de mariage, de divorce, mais aussi de frère caché, de maternité surprise, de liaisons coupables, et surtout de trois sœurs que tout oppose, pour mieux les rapprocher.


Aux Etats-Unis, ces histoires de famille ont la plupart du temps lieu à Thanksgiving (The Myth of Fingerprints de Bart Freundlich ou Week-end en famille de Jodie Foster), Noël étant une fête plus destinée aux enfants. Ainsi l'on a eu droit en 1996 à La Course au jouet, où Schwarzy himself essayait de jouer les bons pères en trouvant le 24 décembre LE jouet que lui demandait son fils, passionnant... L'originalité paye par contre dans le célèbre Maman, j'ai raté l'avion, de Chris Columbus, où un jeune garçon doué pour les bêtises se retrouve seul à la maison pour Noël, sa famille l'ayant purement et simplement oublié en partant réveillonner en France! Il devra alors faire face à deux cambrioleurs stupides et faire preuve de toujours plus d'imagination et de ruse. Evidemment, tout est bien qui finit bien et le petit retrouve sa famille, après 1h30 de gags.


Pendant ce temps, certains essaient de se construire une famille, comme le jeune Marcus de Pour un garçon, qui après un an d'efforts réussira à réunir autour de lui les gens qu'il aime et à passer enfin un vrai et joyeux Noël. Quant à John McLane, c'est au bout d'une nuit - mais quelle nuit - qu'il finira par enfin embrasser sa femme et ses enfants dans Piège de cristal, après s'être débarrassé de terroristes tenant l'immeuble en otage. Mais le pauvre passera un autre malheureux réveillon, se battant seul-contre-les-méchants dans un aéroport deux ans plus tard (58 minutes pour vivre). Enfin, Noël peut aussi être un moment de bilan, fin d'année oblige, d'errements, comme Tom Cruise doutant de sa femme dans Eyes Wide Shut, remettant en question la base de sa famille, à savoir son couple. Cependant, s'il est une famille qui ne fête pas Noël comme les autres, c'est bien La Famille Addams qui, sur leur générique bien connu, verse de l'huile chaude sur les paroissiens venus chanter les légendaires Christmas carols sous leur porche.


SURPRISE!!!

Qui dit Noël dit, depuis au moins l'après-guerre, cadeaux et donc surprises. Certains films nous en ont réservé de belles, et nous avons déjà évoqué le jouet introuvable (mais finalement si) de La Course au jouet, la famille disparue de Maman, j'ai raté l'avion et les terroristes des deux premiers Piège de cristal. Seulement l'imagination des scénaristes n'est pas en reste, et certaines villes se souviendront longtemps de leur réveillon. Ainsi, Gotham City se retrouve prise au piège par Max Shreck et Le Pingouin dans Batman: le défi, où les elfes du Père Noël se trouvent plutôt être des acrobates de cirque, comparses de l'horrible homme palmé, dont viendra bien sûr à bout Batman. Catwoman en profitera aussi pour montrer ses griffes et sera la "Christmas girl" la plus sexy que l'on ait jamais vue.


Deux ans auparavant, Tim Burton évoquait déjà Noël dans le conte Edward aux mains d'argent; Edward, grâce à qui il neige enfin en cette période bénie sur la petite ville qui l'a accueilli puis banni. Il écrira plus tard un film d'animation, mis en scène par Henry Selick, L'Etrange Noël de M. Jack, où les habitants de Christmastown ont la surprise de découvrir que l'on a kidnappé le Père Noël et que son remplaçant est Jack Skellington de... Halloweentown! Quant aux Who, c'est Noël tout entier que le Grinch leur vole. Kate Beringer, quant à elle, déteste Noël car son père, déguisé en Père Noël, est mort en voulant passer par la cheminée. Elle aura une raison de plus en 1984 quand son petit ami Billy recevra comme cadeau de Noël le mignon et gentil Gizmo. Oubliant les trois règles d'or pour pouvoir garder un tel animal, Billy va sans le vouloir transformer sa gentille peluche en une horde de Gremlins, tous plus bêtes et méchants les uns que les autres, mettant la ville à feu et à sang, et dont certains finiront au mixer! Un réveillon que Kingston Falls n'est pas près d'oublier!


LE PERE NOEL EST-IL VRAIMENT UNE ORDURE?

Figure débonnaire, ventre rebondi, barbe et longs cheveux blancs, habillé de rouge et de blanc, le Père Noël, ou Santa Claus dans les pays anglophones, a à peu de choses près depuis une cinquantaine d'années la même allure dans tous les pays. A priori, il suffit donc d'endosser une cape rouge bordée de blanc, un gros ceinturon et d'enfiler des bottes pour prétendre apporter des jouets aux enfants. Or certains oublient vite que l'habit ne fait pas le Père Noël. C'est le cas par exemple du psychopathe de 3615 code Père Noël, de René Manzor, où un faux papa Noël de grands magasins est renvoyé pour violence et cherche à se venger en éliminant le fils de son ex-patronne. C'était sans compter sur la débrouillardise stallonienne du gamin... Dans le même genre, le boulevard Haussmann a aussi produit Félix, le père Noël le plus célèbre de France, incarné bien sûr par Gérard Jugnot, accompagné de toute l'équipe du Splendid. Le Père Noël est une ordure met en scène le réveillon le plus épouvantable que l'on puisse imaginer, aussi déjanté que drôle, ayant accouché de quelques répliques cultes grâce à ses personnages inoubliables. Et plus de vingt ans plus tard, le succès ne se dément pas.


Si la France connaît donc quelques déboires avec ces énergumènes dont le dernier des soucis est d'amener des cadeaux, de l'autre côté de l'Atlantique, ces usurpateurs se font plus doux. Ainsi, outre le Grinch, volant Noël aux habitants de Whosville, les Munchkins, car ceux-ci l'ont rejeté étant enfant, Jack Skellington désire lui vraiment endosser le rôle du Père Noël et changer de registre, après une vie entière à effrayer les gens à Halloween. Malheureusement pour lui, la fin ne justifie pas toujours les moyens. Mais ses déboires finiront par payer et il rencontrera le vrai esprit de Noël, retrouvant l'espoir et la joie de vivre. Enfin, l'un des rares films où l'on a affaire au vrai Père Noël est Super Noël (et sa suite, Hyper Noël). Tim Allen y tue accidentellement le vrai bonhomme et se retrouve obligé de le remplacer: il devient ainsi le vrai Santa Claus! Et dans le deuxième épisode de ses aventures, afin de le rester, il devra trouver une femme. Calibré pour les petits, sur fond de romantisme, ça n'en reste pas moins un conte à l'esprit de Noël toujours bienvenu.


A LA COUR DES MIRACLES

Le classique Miracle sur la 34e rue, adapté encore et encore au cinéma et à la télévision (la dernière version date de 1994), nous montre aussi le véritable Père Noël, du moins c'est ce que veulent croire les personnages du film. Un vieux monsieur prétendant être LE Père Noël va en effet atterrir devant les tribunaux, jugé mentalement instable et renvoyé de son poste de Père Noël dans un grand magasin. La jeune femme qui l'avait embauché va retrouver l'esprit de Noël, si loin de son mode de vie loin de toute fantaisie, et convaincra son ami avocat de plaider que l'homme en question est vraiment le Père Noël, et donc qu'il n'est pas fou. Miraculeusement, ils gagneront le procès sur ces termes.


Divers miracles de toutes sortes peuvent se produire à la période de Noël: tandis qu'à Wall Street les millionnaires frères Duke s'amusent à échanger les places d'un riche jeune homme et d'un vagabond dans Un fauteuil pour deux, où bien sûr tout le monde finira riche et heureux, en France Les Rois Mages débarquent à notre époque, sous les traits des Inconnus, pour trouver le nouveau Messie, qui vient de naître. Seulement le niveau est absolument incomparable avec un autre film mettant en scène le Messie: La Vie de Brian, des Monthy Python, se penche sur le destin hors du commun de Brian, né en même temps que Jésus, dans l'étable d'à côté... Les histoires d'amour ont, quant à elles, été plus volontiers laissées de côté, même si récemment, l'on a pu s'émouvoir dans Un amour à New York (plus joliment intitulé Serendipity en VO) de la rencontre de deux âmes sœurs, dans un grand magasin, à la recherche d'un cadeau pour leur moitié respective. Ils se perdront puis se retrouveront de nouveau à Noël, quelques années plus tard, comme par magie.


Mais c'est oublier que l'amour est une grande partie de l'esprit de Noël. Il permet en effet à certains hommes, à qui on ouvre les yeux, de se pencher sur leur vie et de (re)découvrir les joies de l'existence. C'est le cas avec le superbe film culte de Frank Capra La Vie est belle, où James Stewart, au bord du suicide, a droit grâce à un ange qui passait par là à un aperçu de la vie des siens s'il n'avait pas existé. On retrouve le même principe dans Family Man de Brett Ratner, où Nicolas Cage, au contraire, découvre ce que serait sa vie s'il n'avait pas sacrifié sa vie privée pour sa carrière. Dans les deux cas, le miracle a lieu et chacun gagne un nouveau départ, de nouvelles priorités.


Ces deux films ne sont pas sans rappeler le fameux conte de Charles Dickens, A Christmas Carol, lui aussi plusieurs fois adapté au grand écran. On en connaît surtout deux versions. Dans Fantômes en fête (Scrooged en VO) de Richard Donner, le conte est mis à la sauce USA des années 80, les noms changent et Bill Murray incarne un businessman radin qui reçoit les visites successives des trois fantômes de Noël (des Noëls passés, présents et futurs). Bien sûr ici le ton est comique, mais le message reste intact. Les larmes se veulent plus présentes dans le court métrage d'animation de Disney, Le Noël de Mickey. Ici les noms et l'époque sont respectés, et les personnages sont "joués" par les figures les plus connues de Disney: Mickey, Minnie, Picsou, Donald, Daisy, etc. Picsou incarne bien sûr l'avare et égoïste Ebenezer Scrooge (le nom original de Picsou est d'ailleurs Scrooge) et Mickey son malheureux employé. Quand Scrooge reçoit la visite des trois esprits de Noël personnifiés, il va changer de vie et se consacrer à présent aux autres et non plus exclusivement à l'argent. Il a en effet fini par trouver l'Esprit de Noël, au propre comme au figuré.





 
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