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 KING KONG RESSUCITE
La sortie mondiale le 14 décembre du King Kong de Peter Jackson marque l’aboutissement d’un rêve qui aura animé son auteur depuis l’âge de 9 ans, mais qui a bien failli ne jamais voir le jour. Longtemps imaginé, puis mis en chantier, puis annulé, le film a enfin pu prendre vie grâce au succès de la trilogie du Seigneur des Anneaux. Et le résultat final semble bien différent de ce qui avait à l’origine été envisagé.
RÊVE DE GOSSE
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1996. Fantômes contre fantômes vient de sortir aux Etats-Unis. Peter Jackson s’était jusqu’alors principalement illustré dans le gore à budget modeste (voire inexistant). Cette première incursion dans le monde des studios n’aboutit pas à un succès public mais il permet de démontrer la capacité du petit Néo-Zélandais à produire un divertissement d’excellente facture à peu de frais. Bien que son Créatures célestes l’ait établi comme un auteur talentueux et prometteur, ses précédents opus n’ont guère eu de succès en dehors du cercle restreint de ses fans et il débute à peine à Hollywood. Universal Pictures décide néanmoins de lui faire confiance et lui donne le feu vert pour un remake du King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Shoedsack. Jackson est depuis toujours un fan absolu du film et possède même chez lui l'un des derniers exemplaires restants de la marionnette utilisée par Willis O’Brien à l’époque. Avec sa compagne et collaboratrice de toujours Fran Walsh, ils pondent une première mouture du scénario…
LE MONDE PERDU
Ce premier script, par ailleurs disponible sur le web (à cette adresse) fait le pari de replacer l’histoire dans les années 30 (contrairement au remake de 1976 par John Guillermin). Jackson imagine sans doute déjà que cette époque est sans doute la dernière où l’on puisse imaginer de manière un tant soit peu crédible l’existence d’une île inconnue abritant une faune préhistorique. Situer le scénario en 1933 permet également de rendre hommage au film d’origine et, d’ailleurs, ce script en conserve de nombreux éléments en l’état, notamment la réplique finale. Certaines choses sont toutefois modifiées: Ann Darrow n’est plus une actrice improvisée mais une archéologue, Driscoll un ancien pilote de chasse, etc. Mais le gros de l’intrigue reste en l’état et les éléments purement B movie de l’original comme les créatures préhistoriques sont ainsi conservés (contrairement encore une fois au film de 1976 qui fait le pari d’une certaine crédibilité).
TURNAROUND
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Le Seigneur des Anneaux est lui aussi en chantier chez Weta, la boîte d’effets spéciaux de Jackson, mais il n’est pas prévu de l’activer sérieusement avant que King Kong ne soit fini. Durant six mois, Walsh et Jackson peaufinent leur script, Weta sculpte et prévisualise, et des rumeurs circulent même indiquant que Kate Winslet pourrait reprendre le rôle légendaire de Fay Wray (laquelle aurait soi-disant son propre caméo dans le film). Mais soudain, rien ne va plus. Jackson raconte: "Le Pic de Dante de Universal et Volcano de chez Fox venaient de faire la course pour voir qui sortirait avant l’autre. Universal avait dépensé des millions pour gagner et il semblait que King Kong serait le troisième film de monstre l’année de sa sortie après Godzilla et Mon ami Joe. Ils se sont donc retirés du projet. Mais puisque nous travaillions sur les deux films à la fois, nous avons pu littéralement finir Kong un jour et commencer Le Seigneur des Anneaux le lendemain. Tous les gens que nous avions du embaucher pour Kong ont pu passer directement sur Le Seigneur".
PREMIER DEGRE
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2003. Le Retour du Roi s’apprête à sortir et la trilogie s’est déjà imposée comme l'une des plus lucratives de l’histoire du cinéma. Jackson, fort de son exploit (trois film tournés simultanément, des effets spéciaux produits directement à Wellington…), peut désormais compter sur la pleine confiance d’Universal et amorce donc en 2004 le tournage de son King Kong qu’il a tant rêvé. Ce report inattendu du projet lui aura finalement été bénéfique. Sur le plan technique, bien sûr (la trilogie ayant permis de constituer et de roder une équipe qui rempile presque dans son entier sur Kong), mais surtout sur le plan artistique. Car le scénario de 1996 était, il faut bien le reconnaître, assez mauvais et surtout beaucoup trop décalé et cartoonesque. Les trois Seigneur des Anneaux et leur univers fantasmagorique traité avec sérieux ont convaincu Jackson que le cynisme et le détachement ne paient pas. Et son Kong ressuscité est d’ailleurs presque trop romantique et emporté, disent certains. Mais mieux vaut ça que le Indiana Jones contre le gorille géant auquel s’apparentait le projet de base.
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