De A à Z
Cette Semaine
Planning des Sorties
Par Réalisateur
Autour du Cinéma
Films Cultes

Tests DVD
Par Editeur
Planning des Sorties
Boutique DVD

Portraits
Culcultes
Galeries Photos

Gros Plans
Dossiers
Entretiens

News ciné
Box-Office
Notes

Nouveaux forums !!
Concours
Newsletter
Liens web

Films de Van Damme
Location de DVD
Carlotta Films
One Plus One
Conception web
Michael Cimino







LES INFLUENCES DE GEORGE LUCAS


Heureux homme que d’avoir inventé un jour la Guerre des étoiles! Cela étant, Rome ne s’est pas faite en un jour et George Lucas n’a jamais créé son univers à partir du néant.





D’OU VIENS-TU GEORGIE?

A l’instar des frères Wachowski, les ignorants ont toujours su taxer Lucas de vil copieur, piquant à droite et à gauche les idées dont il avait besoin pour son Star Wars. Et de citer à tour de bras sans réellement savoir de quoi ils parlent, Tolkien, Kurosawa, les séries de science-fiction des années 40, etc. En effet, Lucas s’est bien inspiré de tout cela et de plus encore. Pourtant continuer de le qualifier de plagieur serait être ignorant des voies de l’inspiration et de ses nécessités. Une précision s’impose: il est impossible de créer quoi que ce soit et fortiori un univers aussi complexe sans se nourrir – le mot est sans doute plus juste et moins péjoratif – d’influences diverses, tirées de l’enfance, de la culture ou de d’éléments précis. Pas un film, livre, disque, symphonie majeurs ou non n’a pu être produit sans l’aide d’autres œuvres antérieures. L’art, pas plus que la vie, ne connaît de génération spontanée. En réalité, dresser une liste exhaustive des références de George Lucas serait une gageure que, déjà, de nombreux auteurs ont relevé. C’est avant tout un réalisateur féru de pop culture mélangée avec une thématique plus profonde. Le secret de son succès tiendrait dans cette formule savamment dosée entre références identifiables instantanément et ingrédients exotiques issus de sa propre culture d’homme érudit.


LA MYTHIQUE DU HEROS

La référence la plus évidente, celle qui tenait la plus à cœur à Lucas, demeure le récit mythologique. Son propre désir, sa motivation première était de créer une mythologie qui lui était propre à l’instar de l’une de ses idoles, Tolkien et son Seigneur des anneaux. L’une des caractéristiques des mythes provient des récits dits archétypaux qui mettent en scène de grandes figures bigger than life chargées de symboles forts, tel que le bien, le mal, et ayant une portée morale, exaltant le plus souvent le combat du bien contre le mal. Cela étant, il n’est absolument pas obligé de voir dans ces archétypes des fables simplistes ou manichéennes, le propre de ces histoires étant justement de décrire les chemins tortueux des personnages et de leur évolution. En témoigne le voyage complexe et rempli de doutes de Luke Skywalker dans les trois films de la première trilogie. On y découvre le poids de l’héritage et le fardeau imposé au cœur qui se croyait pur. C’est ici que l’on retrouve la référence à Joseph Campbell, auteur du Héros aux mille visages, dont l’idée voulait que les mythes de chaque culture mondiale connaissaient un fond commun et indissociable. Luke suit les préceptes de son statut archétypal de héros pur, il connaît l’appel de l’aventure et les rites initiatiques propres à lui révéler sa condition chevaleresque. Il aura à vaincre ses propres démons, à voyager à l’intérieur du ventre de la bête, etc. Suivant exactement le schéma instauré par Joseph Campbell.


THE WAY OF THE SAMURAI

La création la plus marquante de George Lucas reste les Jedi et la Force. Ces chevaliers mystiques sont directement inspirés des samouraïs. Depuis leur nom lui-même, inspiré d’un mot japonais faisant référence aux séries télévisées mettant en scène ces guerriers séculaires, jusqu’à la Force, véritable déclinaison du Ki bouddhiste, en passant par leur tenue, largement inspirée des kimonos. La philosophie qui les anime est elle-même empreinte d’une sagesse toute orientale, basée sur l’honneur et l’action juste. Toute la philosophie de la Force, son attachement à la terre et à la Nature, son absence de choix moral, obligeant le Jedi à se choisir son propre destin, impose une vision radicalement opposée à celle de la religion judéo-chrétienne propre au terreau sur lequel a grandi Lucas. Sans pour autant dire que Star Wars se veut être un manifeste bouddhiste, il est indéniable que les thèmes en profondeur des leçons données par un Yoda faisant figure de vieux sage dans la montagne tiennent plus du zen que de la Bible. De la même façon, on peut voir dans l’attitude calme et posée des Jedi, équipés de sabres dans un univers où le pistolet laser est devenu prépondérant, une sorte de victoire de la chair sur la matière, de l’esprit sur la technologie. Enfin, la loyauté du Jedi face à la Force n’est pas sans évoquer la loyauté que le Samouraï voue à son Shogun. Parvenant ainsi à dépasser le simple cadre du chevalier décalé et exotique que pouvaient représenter ces guerriers nippons aux yeux de Lucas, les Jedi sont devenus des entités à part entière, sages et puissantes, incarnant avec subtilité les méandres de la pensée philosophique asiatique.


MY OWN PERSONAL MYTHOLOGY

Ce n’est qu’ensuite que l’on pourra citer dans le désordre le plus complet toute une série de références diverses ayant servi à façonner un peu plus l’aventure Star Wars. Des postures des Jedi à la fin de L’Attaque des clones, en référence directe aux Sept Samouraïs, à la dégaine de pistolero d’un Han Solo qui semblerait être tiré d’un film de Sergio Leone, tel un inconnu venu de l’Ouest. Lucas aime s’inspirer de sa propre cinéphilie. Il va ainsi se nourrir de Kurosawa et sa Forteresse invisible pour l’intrigue (un guerrier escortant une princesse) et certains personnages (R2-D2 et C-3PO, tirés de deux paysans couards, cupides et comiques, ainsi que la reine Amidala de La Menace fantôme), ainsi que de la volonté de raconter l’histoire à travers les yeux de personnages non principaux (ici, les deux droïdes). Il empruntera aussi au réalisateur japonais sa façon de gérer les transitions en volet, procédé qui n’était pas utilisé à Hollywood. Flash Gordon figure lui aussi dans le panthéon des œuvres ayant contribué au mythe de Lucas. Depuis la première intention – Lucas désirait adapter le comic book Flash Gordon en film – jusqu’au bandeau d’ouverture, sans oublier quelques détails graphiques tels que la Cité des Nuages de L’Empire contre-attaque. Toutefois, il ne faut pas oublier que si l’on peut voir en Lucas un grand fossoyeur de mythes, il n’en a pas moins eu le talent de savoir les synthétiser et d’en tirer quelque chose d’indubitablement personnel, lui appartenant en propre plutôt qu’un héritage trop lourd de ses illustres aînés, de Tolkien à Campbell. Jusqu’à ce qu’il s’inscrive lui-même en mythe cinématographique, personnage démiurge étant parvenu à faire rêver des millions de spectateurs ébahis.






 
ACCUEIL | CONTACT | NOTES | AJOUTER AUX FAVORIS