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 EXTREME
ORIENTALES
Honorées en fin
d’année
dernière par le très beau et mésestimé Dans les champs de
bataille
de Danièle Arbid, ou maltraitées par le
didactisme et
l’anti-esthétisme du surestimé Or, mon
trésor
de Keren Yedaya, les femmes d’Extrême-Orient
poursuivent leur occupation des
écrans.
A LA CONQUETE DE
L'ESPACE
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Les
extrême-orientales
cinématographiques ont profité des six derniers
mois
pour s’émanciper. Qui en réglant des comptes avec
le
passé, consumant d’un geste de romance folle
l’orée
des années 80 (Prendre femme de Ronit
Elkabetz), qui en réinterprétant une géographie
de
chromo pour y redessiner les êtres (Sous la
peau de
la ville de Rakhshan Bani-Etemad), qui,
enfin, en
se colletant frontalement à l’hypothèse de la
modernité (Avanim de Raphaël Nadjari).
Dans
tous les cas, le charnel et l’humain, cela saute
aux
yeux, s’inscrivent d’abord dans l’espace.
Sauvagerie
sale, étroite et terne du triste Or. Lutte
des
classes des Champs de bataille
d’Arbid,
spatialisée par des stratégies d’enfermement:
dans le
cadre, saturé en couches successives superposées,
ou
dans les lieux, derrière les portes, les murs,
les
caches en perspectives diverses (il faudrait
rapprocher cela de la mise en scène pareillement
claustrophobe du trop peu vu Private de Saverio
Costanzo). Mais aussi geôle sweet home de
l’ouverture de Prendre femme, violence
pénitentiaire du ménage et sa coercition
familiale/carcérale afférente, posées en une
succession sèche de plans fixes, où le mobilier
fin
seventies est autant de barreaux symboliques d’un
enfermement traditionnel.
MONSTRATION /
DEMONSTRATION
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Pareille
claustration se
ressent aussi chez Nadjari, où les secousses
d’une
caméra à l’épaule frissonnante se heurtent aux
murs,
dans l’espoir éperdu de les abattre. Dans une
visée
similaire, Bani-Etemad, lui, préfère détourner,
contourner. Il naturalise Téhéran la
tentaculaire, la
montre dans son gigantisme, et de fait recule,
accompagne les mouvements, mais souvent se tient
derrière les murs des maisons, passant le relais
à sa
bande-son lorsqu’un homme bat sa fille
hors-champ. On
sait l’acte commis - on se passera même, ou
presque,
de maquillage figurant les coups. On pourra
discuter à
l’envi de l’efficacité théorique de ces méthodes.
Monstration extrême et nauséeuse de Yedaya, ou
démonstration didactique de ce qui se dissimule
Sous la peau de la ville: qui l’emporte?
De ce
que l’on a pu en voir: le cinéma. Envolée
romanesque
de Ronit Elkabetz, où la chimère est un beau
cliché
nommé l’amant français; échappée belle et
nerveuse
dans Avanim, où la rage de vivre appelle
conjointement, dans une impossible antinomie,
vengeance et apaisement; paradis vicié des amours
enfantines et course effrénée dans les champs de
bataille de l’âme et du monde chez Arbid… Haut la
main, c’est la fiction, l’évasion, l’ailleurs
fantasmé, qui finalement y
gagnent.
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