Valley of Stars

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Valley of Stars
Ejhdeha Vared Mishavad !
Iran, 2016
De Mani Haghighi
Scénario : Mani Haghighi
Durée : 1h47
Sortie : 25/01/2017
Note FilmDeCulte : ***---
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Une Chevrolet traverse le désert. Nous sommes le 22 janvier 1965, le lendemain de l'assassinat par balles du Premier Ministre iranien...

OPÉRATION DRAGON

C'est peu dire que Valley of Stars (ex-A Dragon Arrives !) de Mani Haghighi tranche nettement avec un certain cinéma d'auteur iranien qu'on voit régulièrement en festival. Il n'appartient ni à la famille des sous-Kiarostami, ni à celle des sous-Farhadi, ni encore à celle des fables didactiques de la famille Makhmalbaf ou celle de ces portraits de femmes en souffrance : voilà qui est déjà assez excitant - impossible de faire rentrer le film dans la case d'un fichier critique pré-enregistré. Valley of Stars est un ovni, un vrai, comme on en voit rarement en provenance d'Iran (on pense par exemple à la comète Taboor, primée à Deauville Asia et restée inédite chez nous).

Pourtant, Valley of Stars nous prévient : ceci est une histoire vraie. Simple reconstitution de faits réels ? Histoire vraiment vraie ? Le film semble trop joueur pour se limiter à une telle définition. Valley of Stars se déroule au lendemain de l'assassinat du Premier Ministre iranien en 1965. Réflexe : Valley of Stars sera donc une parabole politique. Mais pas si sûr (et on a paresseusement vite fait de voir en tout geste iranien un geste politique). On découvre un lieu hanté, puis une mort mystérieuse. Et un empilement d'énigmes façon marabout-bout de ficelle, une question appelant une autre question plus qu'une réponse. Le générique tambourine: Valley of Stars. Quand est-ce que ce dragon - ou la vérité - nous sauteront-ils à la figure ?

Valley of Stars brouille les pistes en créant différents niveaux de réalité. Fiction et documentaire, passé et présent se mêlent. Haghighi est assez fort pour composer des tableaux poétiques surprenants, avec notamment un usage remarquable de la bande sonore. Mais qu'est-ce qui cloche ? Même dans les films les plus mystérieux, il faut pouvoir s'ancrer à quelque chose : à défaut d'une réponse concrète, une émotion, une intuition, une projection. Plus le film avance, plus le mystère semble être avant tout là pour être mystérieux. Le récit promet de divulguer un secret, non, un peu plus tard, finalement non, et la dimension ludique s'use pour un spectacle de plus en plus frustrant - et souvent incompréhensible. Haghighi a évoqué le fait que sur ses précédents films, il aurait aimé, lors des Q&A post-séance, poser toutes les questions et écouter les réponses des spectateurs. Ce qui, sur le papier, est une promesse excitante de cinéma, génère in fine un sentiment d'insatisfaction - qui néanmoins n'annule pas la fantaisie parfois grisante de cette curieuse proposition.

par Nicolas Bardot

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