Peony Pavilion
You Yuan Jing Meng
Hong Kong, 2001
Avec : Chen Ke Yu, Rie Miyazawa, Joey Wong, Daniel Wu, Zhao Zhi Gang
Durée : 2h00
Sortie : 01/01/2001






Années 30 ou presque. L’exquise Suifan est chanteuse d’opéra. Mariée à un vieillard carburant à l’opium, la belle vit cloîtrée dans une prison dorée. Reléguée à la cinquième roue du carrosse, elle chante, elle fume –un peu- et s’ennuie –beaucoup-. Son spleen et son oisiveté ne sont dissipés que par les visites de Lan, instit’ émancipée et copine travestie.
Comble de raffinement et de préciosité, Peony Pavilion décline tous les jeux de l’amour sur un mode mi-piano, mi-forte. Illustré par une partition musicale de toute beauté, le film sonde les blessures de l’amour, qu’il soit saphique, hétéro ou homo, sans jamais verser dans la démonstration. Bishonen, le premier film du réalisateur, traitait déjà de l’amour entre garçons. Ici, la femme est sublimée et l’homme, rendu à sa bestialité, vite effeuillé. Récit trouble, ponctué par des rêveries musicales, le film décrit la solitude et le désert affectif de femmes fleurs prisonnières de leur propre beauté. Brodant sur un thème similaire à celui des Fleurs de Shanghai de Hou Hsiao Hsien, le film recueille les confidences de deux femmes délaissées.
Production somptueuse, Peony Pavilion est porté par le jeu délicat et inspiré de deux actrices graciles : Rie Miyazawa et Joey Wong (Histoire de fantômes chinois). La première parle en japonais, la seconde lui répond en mandarin, ajoutant au charme et à l’intemporalité du film. Très librement inspiré de l’opéra fleuve de Tang Xian Zu (dynastie Ming), Peony Pavilion n’est jamais aussi réussi que dans sa partie féerique. Dès qu’il s’éloigne de la fable, le film peine à retrouver un souffle égal. Mais le souvenir de la beauté angélique de Rie Miyazawa et de sa gestuelle millimétrée finit par l’emporter.



