Festival Paris Cinéma 2012: le bilan !

Festival Paris Cinéma 2012: le bilan !

Le Festival Paris Cinéma s'achève ce mardi. FilmDeCulte fait le bilan de cette très belle édition anniversaire.

  • Festival Paris Cinéma 2012: le bilan !
  • Festival Paris Cinéma 2012: le bilan !

Le Festival Paris Cinéma s’achève ce mardi ! Que retenir de cette 10e édition très particulière ? D’abord, que le festival parisien n’a pas loupé son anniversaire. En combinant une compétition de haut niveau et une rétrospective Hong Kong en forme de mine d’or, le festival a remporté son pari de la découverte et de la redécouverte, de l’éclectisme fouineur et de la curiosité cinéphile. Ces dix jours ont été simplement un bonheur pour les amoureux de cinéma.

La compétition d’abord. Puisque celle-ci n’est pas constituée de premières mondiales, on pourrait chercher ce qui fait la cohérence thématique ou esthétique de ces choix particuliers, portés sur des films déjà diffusés dans des festivals étrangers et/ou français. Mais son unité est la diversité. Entre l’animation de The King of Pigs et la rêverie dandy de Tabou, un mélo par une réalisatrice hongkongaise confirmée (A Simple Life) ou un drame social par un espoir européen (Just the Wind), la compétition réussit la prouesse pas évidente d’un tour du monde du ciné en seulement 8 films. Une façon de mettre en lumière également des longs métrages qui n’ont peut-être aucune chance de distribution en France : The King of Pigs de Yeun Sang-Ho (lire notre entretien ici) ou Our Homeland de Yang Yonghi (lire notre entretien ici) sont des propositions fortes mais pas tellement le type de films à sortir dans les salles françaises. Leur présence ici est d’autant plus précieuse.

Les différents palmarès ont ciblé trois des films forts de cette compétition : Just the Wind (jury), Tabou (mention spéciale), A Simple Life (public). Bence Fliegauf (lire notre entretien ici) fait coup double après son prix à Berlin. Just the Wind ne plaira pas à la critique surgelées Picard pour qui il est très fashion, ces derniers temps, de dézinguer de l’auteur européen se frottant à du sujet costaud donc suspect (voir l’accueil parfois réservé, à Cannes, à Seidl et même à Vinterberg, dont le long métrage très classique, plutôt consensuel, n’appelait pas la polémique). Son film est pourtant puissant et inspiré, d’une ambition artistique qui va bien au-delà du simple dossier de l’écran. Sortie prévue en 2013. Tabou n’aura pas ce problème puisqu’il présente tous les signes extérieurs du film super chic. Ca ne l’empêche pas d’être remarquable, jaillissement poétique et surprenant qui sortira en France le 5 décembre. Enfin, A Simple Life, mélodrame poignant signé Ann Hui, n’a lui pas encore de date de sortie. A l’heure où se bousculent en salles les films world calibrés à base de portraits-de-femmes-dignes-qui-souffrent, il serait injuste que ce beau film ne trouve pas sa place dans nos cinémas.

En parlant de Ann Hui, recentrons-nous sur le gros du menu 2012 : la rétrospective Hong Kong. A l’image du festival dans son ensemble, celle-ci était marquée par sa variété, de la redécouverte de figures majeures et méconnues du cinéma hongkongais à l’histoire d’un autre cinéma hongkongais, plaisirs coupables et bandes improbables. Paris Cinéma a été l’occasion de remettre en lumière le travail de Ann Hui. Grand nom de la nouvelle vague hongkongaise, Hui avait déjà reçu un sursaut d’attention médiatique hors Asie grâce à présentation à Venise de A Simple Life, qui en est reparti avec un prix d’interprétation. On a pu voir, à Paris Cinéma, The Secret, son premier long métrage, fascinante valse-hésitation entre thriller et fantastique, portée par son atmosphère glauque et vénéneuse. Parmi les films à voir également, Song of the Exile, avec Maggie Cheung, un mélo sensible mais sans sensiblerie inspirée en partie par la vie de la réalisatrice. Song of the Exile éclaire et annonce, vingt ans auparavant, A Simple Life, en étant lui aussi un film sur les origines et la famille éparpillée. L’amertume de Song… est devenue douce-amère dans le dernier film de la cinéaste. Autre focus : Patrick Tam. On retient notamment son slasher expérimental Love Massacre, film déroutant et d’une grande maîtrise formelle, ou encore My Heart is That Eternal Rose, faux polar dont la mélancolie crépusculaire est rehaussée par la photo d’un tout jeune Christopher Doyle.

Outre les explorations sérieuses, Paris Cinéma a également été l’occasion de grands rires et d’yeux écarquillés devant certaines incroyables bobines. Les perles de Catégorie III (films interdits aux moins de 18 ans) en tête. Crazy Love, avec Loletta Lee, raconte les tribulations érotiques d’une jeune femme bien dans son corps. Un film frais comme un smoothie et absolument réjouissant. The Story of Ricky est un ovni totalement barré dont la violence gorissime façon Ken le survivant (le héros est un prisonnier qui explose tous ses ennemis en prison) a quelque chose de surréaliste et ultra jouissif. La comédie 92 The Legendary, La Rose noire, suit les traces de deux jeunes femmes soupçonnées d’un crime qu’elles n’ont pas commis. A l’arrivée, la rencontre rêvée et hilarante entre les héroïnes de Marotte et Charlie et celles de Baby Jane, le tout sur le plateau de jeu d’Attrape-souris. On retiendra également Wonder Women, qui met en scène le duo Cecilia Yip-Carol Cheng dans le rôle d’ex-prétendantes à l’élection de Miss Hong Kong (on l’on apprend notamment qu’une Miss hongkongaise peut être fan de Charles de Gaulle). Ce girlie show consiste à les voir, pendant une semaine, se coiffer, tomber amoureuses d'un Apollon japonais, se battre, rire et pleurer, courir dans les rues d’un Hong Kong nocturne. Un peu comme si Céline, Julie, Reinette et Mirabelle avaient rendez-vous en Asie. Le film parvient à marier l’irrésistible sucrerie supa-kitsch 80’s à un enthousiasme communicatif tout à fait premier degré. Une mine d’or on vous dit.

Que souhaiter au festival pour sa 11e édition ? De faire aussi bien, de garder sa passion intacte. On sera là pour le 20e anniversaire !

par Nicolas Bardot

En savoir plus

Un grand merci à Aude Hesbert, Dimitri Larcher et Erwan Penhouët.

Quelques liens :

Commentaires

Partenaires