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ZHANG ZIYI


De ses débuts avec Zhang Yimou jusqu’aux sirènes hollywoodiennes, en passant par sa rencontre avec Wong Kar-Wai, Zhang Ziyi est devenue l’une des figures les plus demandées sur le continent asiatique. Souveraine en son pays, fashion aux Etats-Unis, glamour sur la Croisette, l’actrice semble tenir le monde au bout de son épée ou sous la pointe de ses talons hauts.


Jolie fleur de lotus qui éclot à Pékin, un matin frais du 9 février 1979, Zhang Ziyi est élevée aux côtés de son grand frère par un père économiste et une mère maîtresse d'école maternelle. Ses cours d'art dramatique et son éprouvante formation de danseuse dans la capitale chinoise lui forgent un caractère de combattante et lui inculquent une discipline de fer: lever à 5 heures du matin, coucher à 23 heures, et un esprit de compétition qui règne autour d'elle perpétuellement.



LES POIGNARDS VOLANTS


Second film de sabre d’affilée pour Zhang Yimou, Le Secret des poignards volants s’impose d’emblée comme une œuvre de divertissement de haute volée. Après le superbe mais controversé Hero, le réalisateur a décidé d’explorer plus profondément le genre et l’idée esthétique qui sous-tendait l'ouvrage précédent. Ici, dans une composition de couleurs vives, tout est prétexte à exacerber estampes poétiques, figures de style, images symboliques, courageuses actions et amour éternel.


De plus, les Poignards volants parviennent à s’éloigner de son prédécesseur – considéré comme un galop d’essai par son réalisateur – en prenant son contre-pied thématique. Là où Hero exaltait la ferveur patriotique au-delà des désirs personnels, Le Secret des poignards volants loue l’amour qui transcende les idéaux. Aussi, plutôt que de multiplier les rôles et les figurants armés, Zhang Yimou a décidé de centrer son intrigue sur trois personnages.



2046


"Je n'ai plus rien à perdre. Rien que du temps." Les valses effrénées et les sinuosités torrentielles de 2046, retraite dorée assaillie de plaintes et de murmures, ne défendent aucune histoire, seulement des éclats de voix, des adieux scellés un soir, des regrets lacérant la mémoire, des impressions confuses butinées une à une. Les ébauches d'un roman qui s'enlise, les effluves du passé qui pétrifient l'avenir, le carnet de bord d'un cinéaste tenaillé par l'échec et l'impossible... Rien à perdre: l'aveu sonne comme un caprice, mais il n'a jamais touché d'aussi près la réalité d'un tournage.


Retard? 2046 est un secret bien gardé mais, sans surprise, une romance lacunaire à contretemps, un autoportrait à rebours des attentes qu'il a amplement suscitées, où se ravivent les doléances d'hier et se pressent les voluptueux détours du présent. Remontage? L'inachèvement est la seule réponse possible, un film de Wong Kar-Wai touche contre son gré la rive adverse, les errances préfèrent honorer le manque et les turbulences.



TIGRE ET DRAGON


Le succès mondial de Tigre et Dragon a suscité a posteriori des réactions très négatives. De nombreux fans des wu xian pian (films de sabre chinois) ont accusé le réalisateur taiwanais d'avoir succombé à l'exotisme chic et surtout d’avoir calibré la culture chinoise aux canons du public occidental. Un procès d'intention qui néglige justement l'objectif premier de Ang Lee: rendre un vibrant hommage au cinéma de son enfance et faire découvrir les racines de sa civilisation au plus grand nombre. Avec son fidèle scénariste, James Schamus, il a donc tenté d'intégrer la tradition asiatique à une forme cinématographique légèrement américanisée.


Il continue également de brasser les thèmes qui lui sont chers comme l'opposition entre les générations et la difficulté d'exprimer ses sentiments. Malgré des concessions légitimées par l'ambition du projet, le pari restait de taille. Entièrement tourné en mandarin avec des stars chinoises, préférant le récit initiatique à l'action pure, mettant en avant des personnages non manichéens traversés par le doute, Tigre et Dragon est une audacieuse tentative de western zen, à contre-courant des films à gros budget produits par Hollywood.



HERO


L’unité plutôt que la discorde, l’allégeance plutôt que la rébellion. Si la morale résignée provoque déjà quelques suspicions, Hero affiche une sérénité qui rompt avec la frénésie entourant sa sortie. Record historique au box-office chinois, Hero ne révolutionne pas le film d’arts martiaux.


Il en offrirait plutôt la synthèse ampoulée: un exercice de style sentencieux, intronisé par cinq muses du cinéma asiatique – corps ondoyants en apesanteur (Jet Li, Donnie Yen), icônes glacées (Maggie Cheung, Tony Leung) et benjamine frondeuse (Zhang Ziyi). Depuis Epouses et concubines et Shanghai Triad, la méticulosité formelle de Zhang Yimou n’est plus à démontrer.



 
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