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YU LIK WAI


De Love Will Tear Us Apart à All Tomorrow’s Parties, placés sous l’influence bienveillante de Joy Division et du Velvet Underground, l’œuvre de Yu Lik Wai semble aussi bien nourrie par le cinéma que par la musique. Le rôle de Yu Lik Wai dans l’énergie nouvelle née des cinéastes chinois de la sixième génération s’exprime également par voies détournées.


Le réalisateur est en effet le bras droit de Jia Zhang Ke, chef opérateur attitré depuis Xiao Wu artisan pickpocket en 1999. La complicité des deux artistes ne s’est pas démentie depuis, de Platform en Plaisirs inconnus, Yu Lik Wai ayant ainsi joué un rôle essentiel dans la réussite et la majesté formelle de Still Life, récompensé par le Lion d’or lors du dernier Festival de Venise (en contrepartie, Jia Zhang Ke a produit, lui, All Tomorrow’s Parties). Né en 1966 à Hongkong, Yu Lik Wai a étudié le cinéma à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle, en Belgique, dont il sort diplômé en 1994. Cinq ans plus tard, son court métrage Neon Goddesses est remarqué et honoré en festivals. En 2003, c’est à Cannes qu’il présente All Tomorrow’s Parties, dans la sélection Un Certain Regard. Le résultat est pour le moins décevant mais le cinéaste, qui s’est jusqu’ici davantage distingué en tant que directeur de la photographie, s’alignera peut-être bientôt sur ses illustres compatriotes.



ALL TOMORROW'S PARTIES


Quelque part en Asie, au cours du XXIe siècle. La secte Gui Dao règne en maître, et les esprits dissidents ne sont pas tolérés. Zhuai et Mian, deux frères, sont envoyés dans le Camp de Prospérité, en attendant la chute prochaine de la secte.


Après s’être frotté aux frimas des chambres à coucher et à la routine post-punk de Joy Division (Love Will Tear Us Apart en 1999), le réalisateur chinois Yu Lik-wai s’attaque maintenant au Velvet Underground et aux bacchanales du lendemain. En attendant que le jour pointe à nouveau ses rayons, les personnages de All Tomorrow’s Parties se penchent timidement à leur balcon branlant pour entrevoir un futur posé là, au loin. L’attente n’est faite que de camps poussiéreux, de sous-sols obscurs et de terrains vagues, carte géographique d’un ennui qui dévore le film à chacune de ses extrémités. Passées les premières secondes où les monuments sont déboulonnés dans un effroyable grondement, All Tomorrow’s Parties ne tremblera plus, et au contraire s’éteindra dans une torpeur confuse, entre le gris des yeux et le kaki des capuches. De la force de son sujet, de sa louable ambition et de son économie de moyen façon SF low-tech, il ne subsiste malheureusement qu’une longue et lente anesthésie de velours.



 
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