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WANG XIAOSHUAI
Dès ses premiers pas dans l’arène, à l’âge de 27 ans, Wang Xiaoshuai joue à cache-cache avec les censeurs chinois. Son premier film, The Days, lui vaut une volée de bois verts. Interdit. Qu’à cela ne tienne, il revient sous un pseudonyme (Wu Ming qui signifie "sans nom") pour mettre en scène Frozen, un troisième essai qui reçoit d’excellents échos dans les festivals étrangers. Le mouton noir suivant, So Close to Paradise est d’abord refusé par le comité de censure. Qu’à cela ne tienne, le film sera monté, démonté, remonté... pendant trois ans. Jusqu’à trouver un compromis à peu près lisse. Wang a eu raison d’insister, le film est convié au Festival de Cannes, dans la section parallèle Un Certain Regard.
Comme la plupart des réalisateurs de la sixième génération, Wang Xiaoshuai a suivi ses études à l’Académie du Film de Pékin. Farouche indépendant, il n’hésite pas à prendre des chemins de traverse, à retourner la boue pour mettre la main à la pâte, sans trop recevoir de coups de bâton. La persévérance paie: c’est le premier représentant de cette nouvelle vague à bénéficier d’une autorisation de diffusion du gouvernement de Pékin. Présenté en compétition officielle à Cannes en 2005, l’attachant Shanghai Dreams reçoit un Prix du jury amplement mérité. On lui reproche parfois un manque de fougue et de personnalité. Bien au contraire, Wang développe des thèmes intimes et récurrents sur la dualité rat des villes / rat des champs, ses souvenirs d’enfance, ceux de ses parents, sur une jeunesse révoltée et déçue. De Drifters à Shanghai Dreams en passant par Beijing Bicycle et So Close to Paradise, ses films ne font parler que de migrants, d’exilés, de clandestins, de villageois rêvant de faire fortune en ville. Beijing Bicycle a été distingué par un Ours d’argent et un Grand Prix du jury à Berlin (2001), Drifters a été montré à Cannes dans la section parallèle Un Certain Regard (2003). Entre les deux, Wang a participé au film à sketches After War aux côtés de Nobuhiro Suwa et de Moon Seung-wook.
Danielle Chou
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SHANGHAI DREAMS
1980. Le gouvernement chinois décide d'autoriser le retour de la population à Shanghaï, après la révolution culturelle. Exilé contre son gré dans la province de Guizhou, le père de Qing Hong, 19 ans, est pressé de retourner dans sa ville natale. Mais la jeune fille est tombée amoureuse d'un jeune garçon, Hong Gen.
Première sélection en compétition officielle pour le Chinois Wang Xiaoshuai, réalisateur dit de la sixième génération, dont est issu notamment Jia Zhang Ke (Xiao Wu, pickpocket) et Lou Ye (Suzhou River). Après deux premiers essais très remarqués, Frozen (1996), et So Close to Paradise (1998), il a obtenu la reconnaissance de ses pairs avec Beijing Bicycle, l'Ours d'argent du festival de Berlin en 2001 (avec Fatih Akin dans le jury, comme cette année à Cannes). Depuis, il a participé à un film à sketch inédit, After War avec le Coréen Seung-wook Moon et le Japonais Nobuhiro Suwa et mis en scène Drifters. Pour Shanghai Dreams, il retrouve le jeune acteur de Beijing Bicycle
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BEIJING BICYCLE
Ours d’argent au Festival de Berlin 2001, Beijing Bicycle est un conte contemporain marqué par l’émergence du capitalisme dans la Chine continentale. Réalisateur de So Close to Paradise, Wang Xiaoshuai mêle les trajectoires de deux adolescents aux objectifs si différents: réussir à trouver sa place dans la nouvelle économie ou séduire une jolie camarade de classe. Un simple VTT flambant neuf devient l’objet d’une lutte acharnée entre les deux jeunes hommes qui ne se connaissent pas encore. Pour le premier, Guei, venu de la campagne, le vélo est un outil de travail, un passeport pour une vie meilleure.
Pour le second, Jian, étudiant en cravate, ce n’est qu’un simple signe extérieur de richesse. Dès la séquence d’ouverture, Wang Xiaoshuai montre l’aliénation par le travail du jeune Guei, exploité par une compagnie de coursiers sans scrupule. Le contraste est saisissant: le postier découvre un monde qui le renvoie sans cesse à sa condition précaire. Avec son ami, il ose à peine regarder la belle voisine en robe rouge qui se révèle être une domestique.