De A à Z
Cette Semaine
Planning des Sorties
Par Réalisateur
Autour du Cinéma
Films Cultes

Tests DVD
Par Editeur
Planning des Sorties
Boutique DVD

Portraits
Culcultes
Galeries Photos

Gros Plans
Dossiers
Entretiens

News ciné
Box-Office
Notes

Nouveaux forums !!
Concours
Newsletter
Liens web

Films de Van Damme
Location de DVD
Carlotta Films
One Plus One
Conception web
Michael Cimino







WANG CHAO


Fin des années 80. Wang Chao soulève de la fonte à l’usine en tant qu’ouvrier d’un grand complexe de sidérurgie. Pendant cinq ans, nada. La plume le démange, il noircit quelques carnets - des impressions en vrac, des poèmes perdus dans la marge – et dévore la presse cinéma. Quand l’usine le chasse, Wang abandonne sans regret la blouse pour entrer à l’Académie du Film de Beijing. Conversion réussie: le diplôme en poche, l’ex-ouvrier revient à ses premiers amours, l’écriture et le cinéma, et collabore à des revues spécialisées. C’est après avoir lu l’une de ses critiques que Chen Kaige lui offre un poste d’assistant réalisateur. Wang Chao participe ainsi au tournage d’un vaisseau rutilant du cinéma chinois, L’Empereur et l’assassin.


Mais ce cinéma-là ne lui ressemble pas. Quand il met en scène son premier long métrage, L’Orphelin d’Anyang, Wang va droit à l’essentiel. Le plan est sec, obstinément fixe, les mots sont décomptés. L’image, grise et poussiéreuse, rend palpable le dénuement et la misère des deux héros, une prostituée et un ouvrier au chômage. Tourné sans autorisation, L’Orphelin d’Anyang révèle une étonnante maturité mais surtout un œil extrêmement vif et critique sur la société chinoise. Se réclamant de Robert Bresson, Wang Chao attire bientôt l’attention des festivals, dont la Quinzaine des réalisateurs. Le film lui sert de passeport pour l’étranger (Toronto, Chicago, Rotterdam, Buenos Aires…), où il glane de nombreuses distinctions. Dès son deuxième long, Jour et nuit, le réalisateur bénéficie du soutien financier d’Arte. Grand Prix, Prix de la mise en scène et Prix jeune public au Festival des 3 Continents de Nantes, cette plongée dans l’enfer des mines chinoises élargit le champ d’action de Wang Chao, de plus en plus confiant et de plus en plus ambitieux. Mais c’est avec Voiture de luxe (présenté à Cannes en 2006 dans la section Un Certain Regard) que son talent de conteur et de portraitiste éclate au grand jour. Trois films, trois portraits de famille et trois approches formelles différentes: l’écrivain-cinéaste est loin d’avoir tout dit.



VOITURE DE LUXE


A bord d'une même voiture, deux générations s'ignorent, les non-dits et les remords, les leurres et les artifices s'empoignent sous l'habitacle. Li Qi Ming, noble instituteur en quête d'un disparu, rêve d'une famille recomposée. Sa fille Yanhong, hôtesse de charme dans un bar anonyme, tait son humiliation. He Ge, l'employeur et amant de Yanhong, feint l'innocence. Un vieux policier à la retraite flaire la contrefaçon.


Voiture de luxe fustige une société à deux vitesses, une métropole absorbée par sa propre démesure, mais dont l'essor triomphant est entravé par les racines du passé. Chez Wang Chao, ce passé est bien enraciné. Ni rétrograde ni révolu, encore enchevêtré au présent. En cavalant après un fugitif, Li tente de rattraper le temps perdu. Mais le père rééduqué à la campagne, de retour dans une cage à néons, ne comblera jamais son retard.



WANG CHAO


Découvert avec L'Orphelin d'Anyang, Wang Chao conclut sa trilogie sur l'histoire contemporaine de son pays avec Voiture de luxe, plongée dans l'envers du miracle économique chinois, qui a reçu le Grand Prix de la section Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes. Pour lui, filmer le quotidien est un acte de courage. Confidences.


Wang Chao - L’histoire de Voiture de luxe est inspirée de ma vie et de mes déambulations. Les réunions de travail de mes précédents films avaient souvent lieu dans des boîtes de nuit. C’est durant ces réunions que j’ai rencontré des prostituées.



JOUR ET NUIT


Pour son second film, l'écrivain et cinéaste Wang Chao opère un virage à 180 degrés, à l'encontre du système esthétique du troublant Orphelin d'Anyang. Finis les cadres rigoureux et le réalisme urbain. Place aux grands espaces désertiques de la Chine du Nord, aux panoramiques vertigineux qui piègent les hommes dans une nature colossale. Si Wang Chao opère cette révolution, il n'abandonne pas la forme du conte politique.


L'Orphelin d'Anyang montrait la face cachée du capitalisme sauvage des villes, Jour et nuit s'attache à décrire celle des champs. Le lumineux Blind Shaft nous avait déjà permis de découvrir l'enfer des mines chinoises et les conditions inhumaines qui y régnaient. Le cadre de Jour et nuit est dans un premier temps similaire. Guangsheng et sa famille de substitution - le patriarche, la femme infidèle et l'adolescent - se tuent à la tâche avec le seul souci de ramasser suffisamment de charbon pour assurer leur survie.



L'ORPHELIN D'ANYANG


Wang Chao installe avec habileté la plus belle histoire d’amour de l’année. Pas de rebondissements idiots, pas de jeux du hasard, pas de grandes déclarations fiévreuses. Juste un amour impossible, tacite et interdit. Par le silence et la quiétude de la mise en scène, chaque regard devient une invitation, chaque soupir, une lutte intérieure. Après l’amour, Dagang et Feng Yanli regardent le plafond, le bébé installé entre eux deux.


Portrait d’une famille qui ne peut survivre en l’état. Les deux amants jouent à être un couple normal, font un tour de fête foraine bras dessus bras dessous pour oublier les difficultés financières, les passes de Feng Yanli pour subvenir aux besoins de l’enfant. Ils osent vivre leur amour malgré tout.



 
ACCUEIL | CONTACT | NOTES | AJOUTER AUX FAVORIS