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VOLVER


Raimunda tente de faire tenir debout son foyer malgré ses difficultés financières, les crises de sa fille, et la médiocrité de son époux. Au même moment, le fantôme d’Irene, sa mère, semble être revenu au village.


On l’imagine abonné à la Croisette, mais Pedro Almodovar n’en est, avec Volver, qu’à sa seconde sélection pour la compétition officielle après Tout sur la mère (La Mauvaise Education était présenté hors compétition). La rumeur a souvent murmuré la déception du réalisateur de ne pas avoir obtenu la Palme des mains de David Cronenberg en 1999; 2006 sera peut-être l’année du rachat, Volver s’imposant, sur le papier, comme un des favoris logiques. Reste à savoir si son mélo féminin à la Mildred Pearce (avec sa figure de mère courage, en conflit avec son d’adolescente de fille, tenant seule un restaurant), colorisé et peuplé de fantômes, plaira à Wong Kar-Wai et ses acolytes.



PEDRO ALMODOVAR


Pedro Almodovar, ou comment un ex-employé de la Compagnie Nationale de Téléphone espagnole peut briguer, des années plus tard, le titre de plus grand metteur en scène européen en activité. De Madrid à Hollywood, de Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier à La Mauvaise Education, parcours d’un cinéaste entre crise de nerfs et loi du désir.


Pedro Almodovar naît le 24 septembre 1949 dans une petite ville appelée Calzada de Calatrava, avant de déménager, à l’âge de 8 ans, à Estrémadure. Le jeune Pedro entre alors chez les Pères Salésiens puis chez les Franciscains. De ces années d’enseignement, Almodovar tirera, quelques décennies plus loin, sa Mauvaise Education, celle qui lui a fait perdre la foi alors que le gamin se réfugie de plus en plus dans les salles de cinéma.



LA MAUVAISE EDUCATION


Dans une école religieuse, au début des années soixante, deux jeunes garçons découvrent la vie avec pour témoin le Père Manolo, directeur de l'internat. Des années plus tard, le chemin tortueux des trois personnages se croise à nouveau.


Au commencement, il y a les enfants de chœur, et les voix qui semblent tomber du ciel sur l’autel Almodovar. L’église et toute sa grammaire, et les lumières d’un cinéaste qui traversent ses vitraux pour envahir toute la nef. Le jeu narratif du film dans le film, les hommes - femmes et les travestissements à strass, l’habit sombre de prêtre et ce qui se passe sous les robes.



PARLE AVEC ELLE


Après le triomphe du flamboyant Tout sur ma mère, de la Croisette jusqu'aux Oscars, on s'attendait à ce que Pedro Almodovar cède aux sirènes hollywoodiennes. Il prend ainsi tout le monde par surprise en tournant son nouveau film en Espagne, avec un casting exempt de stars (sa "famille" n'apparait qu'en cameos). Bien lui en a t-il pris? Toujours est il qu'il signe là une oeuvre quasi parfaite, quintessence du mélo bouleversant et subtil.


Ce Parle avec elle suit le virage amorcé depuis le très beau La Fleur de mon secret, délaissant les franches excentricités de Kika pour une mélancolie, un spleen plus profonds. C'est à un miracle de subtilité et de retenue que le spectateur assiste: Almodovar peut évoquer la mort, la solitude, lorgner presque vers la nécrophilie sans jamais donner dans le larmoyant, le pathos ou le vulgaire. Grâce à un amour certain de ses personnages (une torera forte et vulnérable, une jeune danseuse, un infirmier amoureux et un journaliste résigné), par ailleurs tous formidablement interprétés.



PEDRO ALMODOVAR EN CHAIR ET EN OS


En une quinzaine de longs-métrages, Pedro Almodovar s'est peu à peu établi comme l'un des metteurs en scène européens les plus importants. Virage primordial dans la carrière du réalisateur, la vague post-movida qui a commencé à déferler à partir de La Fleur de mon secret. Les couleurs criardes et le kitsch de Kika sont laissés aux vestiaires pour explorer un genre (le mélo) porté aux nues par son sublime Parle avec elle. Regard sur quatre films qui reconstruisent Almodovar, et qui le mènent à sa Mauvaise éducation.


Après le triomphe du flamboyant Tout sur ma mère, de la Croisette jusqu'aux Oscars, on s'attendait à ce que Pedro Almodovar cède aux sirènes hollywoodiennes. Il prend ainsi tout le monde par surprise en tournant son nouveau film en Espagne, avec un casting exempt de stars (sa "famille" n'apparait qu'en cameos). Bien lui en a t-il pris? Toujours est il qu'il signe là une oeuvre quasi parfaite, quintessence du mélo bouleversant et subtil. Ce Parle avec elle suit le virage amorcé depuis le très beau La Fleur de mon secret, délaissant les franches excentricités de Kika pour une mélancolie, un spleen plus profonds.



 
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