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THE TASTE OF TEA


De Katsuhito Ishii, on ne savait que le strict minimum. Auteur de deux longs métrages inédits en France avec le génial Tadanobu Asano, ce cinéaste nippon de 39 ans avait signé l'hallucinante séquence animée de Kill Bill, vol. 1 de Quentin Tarantino, retraçant l'enfance douloureuse d'O-Ren Ishii. La violence du court métrage avait certainement induit en erreur le spectateur curieux de la Quinzaine des réalisateurs, qui avait retenu le film dans sa sélection 2004.


The Taste of Tea n'a rien d'un long métrage d'action, encore moins d'un énième bain de sang. Seul point commun: l'excellence de la mise en scène. Récit familial à plusieurs voix, guide du savoir-vivre à l'usage des citadins stressés, le troisième long métrage de Katsuhito Ishii est un chef-d'œuvre champêtre, un rêve de cinéma entre la finesse contemplative d'un Yasujiro Ozu (le titre anglais n'a aucun lien avec Le Goût du thé du même auteur) et l'audace formelle et narrative d'Isao Takahata, l'autre génie du studio Ghibli.



TADANOBU ASANO


Ni vu ni connu, Tadanobu Asano s'impose comme l'acteur rêvé de la Nouvelle Vague japonaise. Les cheveux en bataille ou relevés en chignon, la mèche blonde ou délicatement crantée, Asano est un rebelle qui se soigne, à l'image des innombrables pop idols partis assiéger les chaînes de télé. Mais Asano n'a rien d'une vulgaire poupée.


Sa filmographie plutôt bien portante affiche une curiosité et un éclectisme jamais démentis. En quinze ans, tous les esthètes d'Asie sont venus le chercher, à commencer par les deux Takashi (Miike et Kitano), Shunji Iwai, Nagisa Oshima, Sogo Ishii et même un certain Wong Kar-Wai.



LE NOUVEAU CINEMA JAPONAIS


Depuis le milieu des années 90, une nouvelle vague de réalisateurs nippons déferle sur les festivals du monde entier. Shinji Aoyama (Eureka), Hirokazu Kore-Eda (Distance, Nobody Knows), Kiyoshi Kurosawa (Jellyfish) et Naomi Kawase (Shara) ont eu l'honneur de figurer au sein de la prestigieuse compétition officielle du Festival de Cannes, alors que les longs métrages de Hideo Nakata (Ring), Shinya Tsukamoto (Tetsuo) et Takashi Miike (Audition) devenaient cultes.


Si quelques personnalités comme Takeshi Kitano avaient émergé à la fin des années 80, le jeune cinéma d'auteur nippon n'avait pas connu une telle reconnaissance internationale depuis la Nouvelle Vague des années 60 et les films de Shohei Imamura (L'Anguille) ou de Nagisa Oshima (L'Empire des sens). Principalement issus de la télévision, qu'ils aient fait leurs armes dans le documentaire ou dans le téléfilm d'exploitation, ces metteurs en scène ont pour point commun de s'intéresser principalement au Japon d'aujourd'hui, partagé entre modernité et tradition, traversant pour la première fois depuis 1945 une profonde crise économique.



 
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