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Q'ORIANKA KILCHER


Q’Orianka Kilcher est née en Allemagne, son prénom signifie "aigle doré" en langue quechua. Son père est un Indien du Pérou, sa mère une Suissesse élevée en Alaska. Danseuse, chanteuse et musicienne, elle a fait une brève apparition dans Le Grinch de Ron Howard. Q’Orianka Kilcher a quinze ans quand elle se présente au casting du Nouveau Monde de Terrence Malick. Destinée à une série TV, sa candidature s’est miraculeusement glissée dans les petits papiers du cinéaste. L’inconnue n’a que quinze ans, mais ses grands yeux noirs, ses traits sereins et son étonnante maturité fascinent. Malick est intrigué. Pocahontas, ce pourrait être elle.


Q’Orianka Kilcher renaît princesse dans Le Nouveau Monde, petite fée mutine aux longs cheveux entortillés, qui s’aventure un peu trop près des colons anglais de Jamestown. Fille préférée du chef indien Powhatan, elle sauve la vie d’un prisonnier, le capitaine John Smith, dont elle tombe innocemment, éperdument amoureuse. A l’écran, Q’Orianka n’a plus d’âge, mais une grâce incandescente. Une sensibilité et une intuition qui égalent celles de ses partenaires plus chevronnés (Colin Farrell et Christian Bale). Le Nouveau Monde repose entièrement sur elle, sur ses espoirs et ses maladresses, sa captivité assumée, son chagrin réprimé et son amour indéfectible. Mais aussi et surtout sa gestuelle aérienne, ses bras blottis contre un cœur ou accompagnant le lever du soleil. Pocahontas vient de nulle part, Malick fait de sa protégée une rose déracinée, unique, jamais flétrie, partagée entre deux mondes. Il suffit de la voir danser, faire la roue, effleurer les champs, se cacher dans un parc, rire ou étouffer ses larmes, pour vouloir la retenir et lui demander de rester, un peu plus longtemps.



LE NOUVEAU MONDE


Sept ans après la vertigineuse Ligne rouge, Terrence Malick signe un nouveau chef-d’œuvre élégiaque et philosophique, une réflexion divinement filmée sur la question de la civilisation, le pouvoir de l’amour et le rapport de l’homme à la nature. L’auteur des Moissons du ciel possède un don unique. Personne, aujourd’hui, ne capte comme lui l’essence même du cinéma, ne filme une brindille comme un personnage à part entière, ne se moque autant des règles narratives en vigueur.


En adaptant l’histoire d’amour fondatrice de l’Amérique entre Pocahontas et John Smith, Terrence Malick prenait pourtant un risque, celui de se perdre dans la fade illustration historique, de ne mettre en scène que le décorum. L’insensée réussite du Nouveau Monde, le plus beau film de ce nouveau millénaire, soyons définitif, tient dans le fragile équilibre entre le respect à la légende et son interprétation poétique. Malick réussit à raconter une passion intime et à toucher à l’universalité, à raconter le destin d’une jeune femme et celui de l’humanité.



 
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