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PARANOID PARK


Au sortir de sa trilogie monumentale composée par Gerry, Elephant et Last Days, qui lui aura rapporté une Palme d’or et une considération comme il n’en a jamais connue jusqu’alors, Gus Van Sant s’offre, avec Paranoid Park, une sorte de récréation.


Van Sant reprend ainsi quelques refrains formels de ses précédents films, tout en jouant sur quelques légers décalages, à l’image de la bande-son utilisée dans les couloirs du lycée, tout en faisant encore une fois appel à une musique concrète magnifiquement exploitée.



GUS VAN SANT


Enfant de la culture pop et intello expressionniste, Gus Van Sant a souvent eu le don de surprendre durant sa carrière. De l'indé pur jus au classicisme à Oscars en passant par le remake blasphématoire, gros plan sur un metteur en scène libre.

1998: Psycho, remake de la Bible de Sir Hitchcock réalisé par Gus Van Sant, sort en salles aux Etats-Unis. Le film rentrera dans ses frais, mais l'accueil sera exécrable. Les interrogations fusent, où est donc passé l'espoir du cinéma indépendant US, déjà quelque peu absorbé par les studios pour qui il filme un sage Will Hunting croulant sous les nominations aux Oscars?



LAST DAYS


Blake, rock-star dépressive, se replie sur lui-même et s’isole de tout en attendant les derniers jours.


Il y a deux ans, Gus Van Sant raflait la mise au Festival de Cannes, remportant à la fois la Palme d’or et le prix de la mise en scène pour son sublime Elephant. Last Days sonne comme un rappel, d’abord pour clore la trilogie expérimentale du réalisateur (Gerry, Elephant et, donc, Last Days), ensuite pour saluer un auteur qui compte aujourd’hui parmi les plus grands. Last Days est une évocation des derniers jours d’une rock-star de Seattle, un postulat qui n’est pas sans rappeler l’histoire d’un Kurt Cobain dont le fantôme était déjà présent dans Pink, roman écrit par Van Sant il y a quelques années. L’un des événements non seulement du festival, mais également de l’année.



GERRY


Une voiture roule lentement accompagnée du piano mélancolique d’Arvo Pärt et d’un soleil omniprésent qui berce l’image d’un halo de lumière. Ainsi débute Gerry, la nouvelle merveille signée Gus Van Sant, une heure et demie d’une expérience contemplative unique.

Né d’un voyage en Argentine avec deux acteurs, Matt Damon et Casey Affleck également co-scénaristes du film, Gerry prend à contre-courant la pensée actuellement en cours à Hollywood. Ici, pas de narration implacable, pas de psychologie appuyée, pas ou peu de dialogues: tout passe par le visuel, les sensations, les non-dits, les silences.



ELEPHANT


Ciel de traîne sur le crâne de Marion Crane. Les cieux finissent par se déchaîner sur sa miséricorde alors que les nuages étaient plutôt cléments dans My Own Private Idaho, laissant percer un soleil qui éclaire une maison fantasmée. Les personnages de Gus Van Sant semblent vivre dans le même monde, sous une même voûte céleste aux humeurs changeantes comme les affaires auxquelles ils se heurtent.

Non-événement dans Elephant: l’azur est paisible, et le jour se lève comme mille autres. L’éther ne révèle encore rien de ce qui se trame, ou plutôt tout de ce qui va arriver: le quotidien insoupçonnable n’a pas encore laissé apparaître ses nuages menaçants.



 
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