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MYSTERIOUS SKIN
Promise à toutes les voluptés sur les routes de nulle part,la peau se fait mystérieuse dans le nouveau film de Gregg Araki. Une peau qui brille sur un dos musclé, l’espace de quelques coups de bassin monnayés, ou qui se laisse mourir, cette robe pâle et ternie que le réalisateur essore, comme pour faire sortir de ses pores la graisse en trop, le spleen qui pourrit les cellules, un sentiment malade caché derrière l’écorce.
Une maladie au souffle haché, qui ne dit pas vraiment son nom, si ce n’est par énigmes ou images – une sorte d’ovni dans le ventre. Mysterious Skin se fait plus mainstream que The Doom Generation, mais ladite génération perdue, jetée à la poubelle, est toujours au cœur des préoccupations de l’auteur. Ses racines sont empoisonnées dès la petite enfance, l’âge d’un étrange onirisme où l’on croit aux extraterrestres ou aux amours les plus pures, quitte à se pousser un peu pour en embellir les contours.
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GREGG ARAKI
Totally F***ed Up: la filmographie de Gregg Araki paraît plutôt bien résumée par le titre de son quatrième long métrage, réalisé en 1993. L’heure chez ce réalisateur/scénariste/producteur/monteur (et à l’occasion chef opérateur) est à l’apocalypse fluo, au nihilisme adolescent, sexe, drogue et extra-terrestres. Né à l’aube des années 60, Araki décroche un diplôme de cinéma avant de tourner son premier film en 1987: Three Bewildered People in the Night. 16mm, 5000$ en noir et blanc pour son ménage à trois (deux garçons, une fille) qui fait parler de lui lors de festivals (primé à Locarno et mini réputation culte aux Etats-Unis). Le jeune réalisateur remet le couvert avec The Long Weekend (O’Despair), avec un trio d’amis qui s’interrogent sur le futur à l’ombre du lycée. Le film se monte là encore avec des moyens très limités. The Living End annonce un tournant plus dramatique (le road trip de deux amants séropositifs): "Entre 1985 et 1990 un changement s'est produit, en raison de la situation politique, de la crise, du sida; j'ai donc voulu une histoire plus désespérée, plus violente, plus sexuelle, plus passionnée.
On a parlé du nihilisme de The Living End, mais c'est tout simplement une histoire d'amour fou et maudit...". Le film obtient son petit succès et permet à Araki d’entamer sa trilogie de "l’apocalypse adolescente", qui sera composée du Totally F***ed Up déjà évoqué mais aussi de The Doom Generation et Nowhere, où l’on retrouve son alter ego à l’écran, James Duval. Après une parenthèse légère (Splendor), Araki reçoit son accueil critique le plus chaleureux pour Mysterious Skin, un film qui reprend ses ingrédients favoris (l’Amérique profonde et malade, des adolescents perdus, du sexe et des E.T.) mais dans une veine plus mature et tragique. De quoi attendre davantage son prochain film, CrEEEps!, où les aliens semblent avoir débarqué à Malibu...
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