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LARS VON TRIER
Complaisant, schizophrène, manipulateur, obsessionnel, malade, fou, orgueilleux, fumiste, plaisantin,
provocateur, bourreau, passionné, génial. Ses films sèment la controverse entre les pour et les anti. Reste
que derrière l’homme public volontairement frondeur, se cache un réalisateur sensible qui remet sans cesse
son art en question.
Lars von Trier est un phénomène unique dans le panorama du cinéma mondial. A chaque long métrage, un parti
pris différent et indissociable du fond. Le formalisme virtuose de ses premiers films a progressivement
laissé place à un cinéma débarrassé de toute scorie visuelle, pour ne représenter que la souffrance humaine.
Point culminant de cette évolution: le Dogme bien sûr, dont il a été l’un des principaux initiateurs avec
Les Idiots.
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MANDERLAY
Avec Manderlay, deuxième volet de sa trilogie consacrée à l'Amérique, le cinéaste danois Lars Von Trier fait vibrer la corde sensible de l'Occident: l'esclavagisme et ses conséquences. Le dispositif formel de Dogville reste inchangé. Les décors sont tracés à la craie et le film est restreint à un lieu unique.
Une plantation de coton dans l'Alabama remplace ainsi le village perdu dans les rocheuses. Le propos justifie bien évidemment une telle installation. L'auteur de Breaking the Waves ne stigmatise pas les Etats-Unis, il en utilise la portée symbolique et omnipotente. Comme il le souligne dans de nombreux entretiens, nous sommes tous plus ou moins liés à l'histoire américaine et, en tant que "Nouveau Monde" issu de l'Europe, le pays-continent représente une sorte de Paradis perdu, un test grandeur nature pour la philosophie des Lumières et les thèses de Rousseau.

FIVE OBSTRUCTIONS
Lars von Trier a toujours aimé jouer avec les concepts du septième art, s’imposer des défis techniques impossibles à réaliser ou, au contraire, se fixer des limites volontairement extrêmes pour retrouver la virginité des débuts du cinéma (le fameux Dogme). Avec le projet Five Obstructions, il se place dans l’intenable position du bourreau examinateur de conscience. Doté d’une verve inimitable, il s’acharne sur le pauvre Jorgen Leth, victime consentante certes, mais visiblement à bout de nerf.
Il le contraint à mettre en scène cinq remakes d’un court métrage expérimental des années 60, The Perfect Human, en suivant les directives les plus insensées. Le gourou danois n’a aucune pitié pour son ami et prend un malin plaisir à appuyer systématiquement là où ça fait mal. Si Jorgen Leth se tire avec habilité des restrictions techniques (douze images par seconde pour ne citer qu’un exemple), il éprouve plus de difficultés devant la page blanche.
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DOGVILLE
Dogville marque une étape importante dans la filmographie de
Lars von
Trier. Le génial cinéaste danois inaugure avec ce film une troisième trilogie dont le sujet sera
l’Amérique.
Provocateur né, l’auteur de Breaking the Waves répond aux critiques acerbes des journalistes
outre-atlantiques qui lui reprochaient, dans Dancer in the Dark, sa vision étriquée des Etats-Unis -
pays où il n’a jamais mis les pieds. L’attention de LVT se focalise ici non pas sur une reconstruction historique
de la réalité, mais sur sa portée symbolique.
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