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KILL BILL
"La vengeance est un plat qui se mange froid". C’est sur ces mots, qui suivent une ouverture sur le logo
granuleux des Shaw Brothers (producteurs de quelques classiques du cinéma chinois des années 70), que s’inscrit
le "pacte de visionnage" du quatrième film de Quentin Tarantino, comme l’on parlerait pour un livre de "pacte
de lecture".
Première impression: le petit génie du cinéma américain, reconnu pour la limpidité de ses dialogues, n’a pas été
chercher très loin le proverbe mis ici en exergue. Seconde impression, renforcée par l’ajout tardif d’un crédit
supplémentaire ("proverbe klingon"): le film qui s’apprête à être projeté devant nos yeux ne se déroulera sans
doute pas dans un univers classique, mais probablement plus dans un macrocosme cinématographique dans lequel
tout est possible.
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QUENTIN TARANTINO
Depuis son premier film, chaque nouvel opus signé Tarantino crée l'événement.
Physiquement empâté par ces dernières années d'écriture, bien à l'abri dans son chez lui, l'homme aux allures
redneck revient avec un film nerveux et plein de classe, à l'image de son incroyable talent de mise en
scène. Epaulé lors de cette conférence de presse au forum des images par Julie Dreyfus, comédienne frenchie méconnue
(et interprète de Sofie Fatale), et par son complice de toujours Lawrence Bender (co-fondateur de A Band Apart,
producteur de tous les Tarantino, de Will Hunting et Une Nuit en enfer), il revient sur le pourquoi
et le comment de Kill Bill, volume 1.
FilmDeCulte - Pourquoi avoir choisi de faire un film d'arts
martiaux?
Quentin Tarantino - J'ai grandi en regardant des films d'arts martiaux.
J'ai eu la chance d'être un petit garçon dans les années 70? où ce genre de film était particulièrement à la mode.
Quand ils tombèrent progressivement dans l'indifférence, la communauté noire a continué à les aimer. Or j'ai grandi
au sein d'une communauté noire, donc j'ai continué à les regarder bien après les seventies...
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UMA THURMAN
Lorsque l’on admire Uma Thurman trônant, altière et souveraine, sur l’affiche de Kill Bill, quand on sait que
son talent égale avec aisance ses agréments physiques, on en vient rapidement à se demander pourquoi la comédienne
n’est pas, sur la scène hollywoodienne, l’égale d’une Kidman. Aux détours de rôles qui ont fait d’elle une icône
mythique et de quelques malheureux choix de carrière, Thurman mène sa barque solaire en solo.
En 1994, un film et son affiche fleurissent partout à coups de buzz. Servant culture pop et dialogues cinglants,
Pulp Fiction devient culte et Uma Thurman, sa figure de proue, est embarquée dans le même carrosse. Elle y est Mia
Wallace, créature offerte et nonchalamment allongée sur le lit de ladite affiche, allumant une cigarette indolente
et hésitant entre le feu de son flingue et les bulles de sa BD.
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SONNY CHIBA
Sadao Maeda naît le 23 janvier 1939 à Fukuoka au Japon. Il n’est encore ni Sonny Chiba, ni même Shinichi Chiba, juste un jeune garçon à l’enfance tranquille parmi ses quatre frères et sœurs. Bien qu’attiré par le théâtre, Chiba se dirige davantage vers le gymnase afin d’y suer tout ce que son corps peut pour devenir un champion, si possible olympique. Mais l’art de la gymnastique est ardu, et les efforts parfois mal récompensés. Ainsi une hanche brisée le contraint d’un craquement à renoncer à ses espoirs.
Il se tourne alors vers les arts martiaux, où il se forgera un palmarès qui témoigne de sa réussite, avec notamment une ceinture noire 3e dan de karaté, ainsi qu’une excellente maîtrise du judo, du kendo, du jujitsu et du kempo. Elève du vénérable Masatatsu Oyama, Chiba se transforme en catalogue humain de la savate, et se construit son petit nom (il devient d’ailleurs Shinichi Chiba). Mais à l’aube des années 60, un nouveau virage se profile: la Toei l’engage pour tourner dans une série télévisée intitulée Spectral Mask.
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AUTOPSIE D'UN FILM
Formidable hommage au septième art, Kill Bill marque, selon Quentin Tarantino himself, la rencontre
frontale entre le monde du cinéma et son propre univers. Loin de n'être qu'un patchwork de scènes reprises dans les
différents métrages qui ont rythmé sa cinéphilie, comme certaines mauvaises langues le décrivent, le quatrième film
de l'auteur de Reservoir Dogs sonde en profondeur le cinéma-bis, souvent négligé des historiens, celui des
séries B asiatiques, européennes ou américaines. Retour sur les influences les plus évidentes de Kill Bill
Volume 1.
Avant d'être le plus grand réalisateur américain actuel, Quentin Tarantino était un étudiant en cinéma fauché qui
subsistait grâce à un petit boulot dans un vidéo-club. De cette évidente frustration naquit un amour indéfectible
pour les histoires de vengeance.
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TARANTINOXPLOITATION
Rétrospectivement, on pourrait affirmer que les années 90 ont été marquées par l'explosion du cinéma
indépendant et la naissance de plusieurs auteurs au sein de cette industrie. Une même génération de cinéastes
qui regroupe des noms tels que Kevin Smith, Robert Rodriguez et, bien entendu, Quentin Tarantino. La liste est
longue.
On pourrait aisément ajouter Paul Thomas Anderson ou encore Alexander Payne (Monsieur Schmidt), mais ces derniers
ne font pas réellement partie du courant qui englobe les trois réalisateurs précédemment cités. Un siècle de cinéma
les précède, ils sont les véritables enfants de la télé et les fils du nouvel Hollywood, et partagent un univers
cinématographique similaire.
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CHAN-CHAN BARA-BARA!
Hasard des calendriers, alors que Uma Thurman et Lucy Liu s'en donne à coeur joie (et à coups de sabres) dans
le dantesque Kill Bill, Takeshi Kitano fait revivre la même pratique de la lame dans le formidable Zatoïchi. Petit
historique non exhaustif du Chambara, l'art nippon du tranchage sanglant.
Chambara. Le terme désigne au Japon le genre cinématographique de la bataille de sabres, et dont le nom savant est
Ken-Geki. Chambara, plus prosaïquement, est le fruit de la contraction de chan-chan bara-bara, soit le bruit de la
lame tranchant la chair. Il s'agit d'un genre ultra-codé qui possède ses motifs et ses figures strictes. Le
personnage typique du Chambara est le samouraï ou le ronin, version marginale façon cow-boy solitaire du samouraï,
ce dernier appartenant davantage à une hiérarchie établie selon les codes du Bushido.
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HOLLYWOOD ET LE MIRAGE ORIENTAL
Ces dernières années à Hollywood, la mode asiatique s'est répandue dans les blockbusters les plus imposants
(Matrix et sa clique) jusqu'à ce que ses propres enfants viennent exploser le box-office local avec Tigre et
Dragon.
Mais si les modèles affluent (comme ils influencent Tarantino sur Kill Bill), si les réalisateurs, comme Ang Lee ou
John Woo, traversent les océans, la réciproque est moins vraie du côté des comédiens d'origine asiatique. Panorama
historique d'une conquête discrète.
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ANALYSE DE SEQUENCE : COMBAT DE GLACE DANS OPERATION DRAGON
En 1973, un film ouvre les portes de Hollywood à Bruce Lee: Opération Dragon. Plus particulièrement, c'est un
combat situé en fin de film qui est entré dans la légende. Motif de base dans la filmographie de l'acteur,
l'opposition est marquée par une volonté de vengeance.
D'un combat qui semble d'abord déséquilibré, Robert Clouse orchestre une scène virtuose dont le point d'orgue
se situe dans un palais de glaces, permettant un intéressant travail sur le jeu de reflets. Analyse d'une séquence
devenue culte.
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