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COMBIEN TU M'AIMES
Nouvelle pour le moins inattendue: Bertrand Blier revient au meilleur de sa forme, après plusieurs années d'errance,
perdues entre le ratage intégral des sinistres Acteurs, et les déconvenues discutables des Côtelettes
ou de Mon homme.
Plus de dix années d'absence, durant lesquelles un vide s'est cruellement fait ressentir. L'on se souvient avec regret
des entretiens accordés durant cette période à la presse, dans lesquels il évoquait une perte totale d'inspiration et
une inaptitude à se fondre dans une industrie cinématographique qu'il ne reconnaissait plus. Triste pour un réalisateur
à ce point prolifique en qualité, ayant par ailleurs su rallié succès publics et critiques, Oscars et César, notamment
dans sa décennie glorieuse des années 80.
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BERTRAND BLIER
Il a été le plus grand cinéaste français. Et au vu de la réussite de son dernier et sublime film
(Combien tu m'aimes?), il n'est pas exclu qu'il le redevienne. Lucide, acide, cynique, humoristique,
le cinéma de Bertrand Blier a traversé les années en prenant une valeur inestimable et étonnamment moderne.
Films cultes, films miroirs, ses chefs d'oeuvre (et ils sont nombreux) se laissent voir et revoir avec
toujours autant de fascination. Retour sur une carrière qui, des César aux Oscars, des années 70 aux
années 2000, a traversé les frontières et les époques.
"Pas de doute, nous sommes bien en France". Quelques mots, énoncés par Gérard Depardieu, le complice de
toujours, dans Les Valseuses (film dont le titre fait déjà figure de profession de fois), suffisent à poser
le personnage. Un regard lucide sur la société, un discours mordant à l'ironie scandaleuse, un sens inné du dialogue
percutant. Tout Bertrand Blier est dans cette phrase, première d'une série de répliques devenues célèbres, voire
cultes, avec le temps. Les Valseuses, c'est avant tout un vent de jeunesse post-68 issue du café théâtre
qui déboule sur la France, un incroyable souffle libertaire mettant en branle le cinéma de papa comme celui de
la Nouvelle Vague.
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PREPAREZ VOS MOUCHOIRS
Finalement, les films tout à la fois férocement drôles, touchants, provocants et poétiques, sont
plutôt rares. Quelques Wilder, quelques Almodovar, et quelques Blier. Triste butin.
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LA FEMME DE MON POTE
1983: voici dix ans que la bombe Les Valseuses a explosé à la gueule du cinéma français.
Dix ans que Bertrand Blier torpille de l’intérieur les luttes de sexe, les conventions et les mœurs.
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LES COTELETTES
En poursuivant sur le sentier tracé par ses deux précédents échecs (Mon Homme et Les Acteurs),
Bertrand Blier prouve avec Les Côtelettes qu’il ne cherche pas vraiment à rameuter le public des années 80,
celui qui a fait un triomphe à Tenue de soirée notamment. C’est tout à son honneur.
Il livre ainsi un film froid, désincarné, au récit déstructuré, à l'ambiance proche de celle de son dernier film.
Affaibli par la désaffection progressive du public, Blier a changé. Finis les dialogues savoureusement drôles, les
tirades déclamées par un Depardieu habité, finies les scènes de cul et la recherche avouée du scandale.
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