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CHICKEN LITTLE


On attendait de pied ferme ce petit poulet qui marque une nouvelle ère dans l’histoire du cinéma d’animation. La firme aux grandes oreilles a fermé les portes de ses studios 2D pour ne se consacrer désormais qu’à des réalisations en images de synthèse. Disney troque sa magie ancestrale pour une vague de modernité. Exit les contes et légendes, les poudres de fées, les enchanteurs et les familles royales - comme le souligne l’introduction du film légèrement trop appuyée -, et si Chicken Little propose des animaux comme personnages principaux dans la longue tradition de la firme, l’anthropomorphisme est ici poussé plus que jamais.

Les coqs conduisent des voitures, les petits poulets portent des slips kangourou, les renards arborent fièrement des appareils dentaires, les cochons, cannes et poissons rouges font du karaoké sur du Spice girls et, comble de tout, le cinéma de la ville propose une projection des Aventuriers de l’Arche perdue en images réelles. Une idée plutôt séduisante qui passe malheureusement pour incongrue dans cet environnement où, malgré tout, les feux piétons montrent des carapaces de tortues, les vidéos de karaoké mettent en scène des chats et les lampes de poules sont faites en coquille d’œuf.



DISNEY, L’AGE D’OR EN 2D


La sortie de Chicken Little, premier long métrage d’animation de Disney entièrement réalisé en images de synthèse, marque un tournant dans l’histoire de studio. Tiraillée entre vieilles ficelles (Frère des ours, La Ferme se rebelle) et soif de renouveau (Atlantide, l’empire perdu, La Planète au trésor, Lilo & Stitch), le tout-puissant royaume n’a pas résisté aux sirènes de la 3D, à l’instar du concurrent DreamWorks (Shrek, Madagascar) et du petit prodige Pixar.

De plus en plus contesté, échaudé par les succès fulgurants de ses voisins et en sacrée perte d’imagination, Disney tourne le dos à près de 70 ans d’animation traditionnelle en 2D et ferme son plus vieux département. Neveu de Walt, Roy Disney a été démis de ses fonctions au sein du conseil d’administration. En 2005, c’est au tour de l’emblématique PDG Michael Eisner de tirer sa révérence et de laisser le fauteuil à son numéro 2, Robert Iger. Mais Pixar semble prêt à prolonger son contrat de partenariat et Chicken Little s’est hissé aux premières places du box-office, en engrangeant plus de 119 millions de dollars (pour un budget estimé à 60 millions).



ZACH BRAFF


Pur produit des années 90, Zach Braff fait partie de cette nouvelle génération née avec Star Wars, ayant grandi devant le petit écran au son de MTV et des sitcoms limite bêtifiantes, forgeant sa vie de jeune adulte d’un boulot à l’autre sans vraiment jamais se fixer. Né en 1975 dans le New Jersey, Zach Braff s’est rapidement orienté vers une carrière cinématographique. En 1993, alors qu’il vient tout juste de finir ses années lycée, il se retrouve à l’affiche de Meurtre mystérieux à Manhattan de Woody Allen, et star du téléfilm My Summer as a Girl. Pour ne pas brûler les étapes, Zach met la veilleuse. Il s’inscrit en section cinéma de l’Université de Columbia, tourne son court métrage de fin d’étude, Lionel on a Sunday en 1997, et s’attaque à un projet de film rendant hommage à son New Jersey natal.


Quelques seconds rôles anecdotiques plus tard, il devient en 2001 le Docteur John Dorian, J.D. pour les intimes, personnage principal de la série "médicale" Scrubs. Entre les murs de l’hôpital du Sacré-Cœur, ce jeune homme amusant, qui cache un charme fou derrière des traits un peu grossiers de post-adolescent, s’empare du public et principalement de ces mangeurs de séries-club que sont les 18-30 ans. Le temps est venu pour Zach de vendre son bébé. Eté 2004, après de longues négociations, Garden State fait des émules. Réalisation intelligente servant d’écrin à une histoire touchante, casting de rêve pour donner vie à des personnages écrits avec finesse, le premier film de Zach Braff marque les esprits et décroche toutes les récompenses. Après ce succès largement mérité, l’acteur-réalisateur, qui continue à jouer du bistouri sur le petit écran, devient la voix de Chicken Little pour le premier long métrage d’animation en 3D réalisé par les studios Disney (Chicken Little), qui vient tout juste de sortir dans nos salles. Il sera également à l’affiche de The Last Kiss, tout en se préparant à sa deuxième réalisation sur un projet provisoirement intitulé Andrew Henry’s Meadow.


Julie Anterrieu




 
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