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CALVAIRE
Calvaire, en dépit de ses innombrables et évidentes qualités, aurait pu souffrir d’un mal
bien français: être pris en étau entre la recherche de l’originalité à tout prix (au point
d’aboutir à l’absolu n’importe quoi d'un Bloody Mallory) et une volonté évidente et nécessaire
de retoucher le genre depuis ses propres fondations (les sympathiques mais peu originaux Haute
Tension et Nid de guêpes) - deux raisons pour lesquelles le cinéma de genre en France piétine.
En un sens, Calvaire est en même temps la confirmation et l’exception de la seconde règle. Confirmation
car le film n’apporte strictement rien qui n’ait été vu auparavant dans les classiques du cinéma d’horreur
américain. Exception car en reprenant la trame originale de ces classiques, en les réadaptant à la sauce
franco-belge, en poussant leurs archétypes à leur paroxysme, le film parvient largement à trouver ses
marques.

FABRICE DU WELZ
Fabrice Du Welz est un habitué du festival Fantastic'arts de Gérardmer, puisque son court
métrage Quand on est amoureux, c'est merveilleux... a remporté le grand prix en 2001. Après
des études de cinéma en Belgique, et des collaborations ponctuelles avec Canal Plus, Calvaire
est son premier long métrage.
FilmDeCulte - Que s'est-il passé
entre le tournage de votre court métrage, en 1999, et celui de Calvaire? Comment s'est passé votre
passage au long métrage? Peut-on parler de galère?
Fabrice Du Welz - Ça a été
très long, un vrai chemin de croix, car mon projet était atypique, inquiétant. Le court métrage n'a
pas rassuré. Mais le film existe aujourd'hui, et je me raccroche à l'idée que les cinéastes que
j'admire ont mis 5-6 ans aussi à faire leur premier long. Ce n'est jamais simple dès qu'on veut faire
un premier film, car il y a tellement de monde qui nourrit cet objectif.

JACKIE BERROYER
Découvert par le grand public à l'occasion de ses interventions faussement maladroites sur Canal Plus,
le cœur de Jackie Berroyer balance entre écriture et comédie. La folie de M. Bartel dans Calvaire est à mille
lieues des personnages légèrement névrosés qu'il a l'habitude d'interpréter, et marque sa première incursion
dans le cinéma de genre.
FilmDeCulte - On dit que vous
teniez beaucoup à obtenir ce rôle...
Fabrice Du Welz - C'est peut-être exagéré.
Je ne me suis pas battu mais c'est vrai que je l'ai réclamé. Ce qui m'a motivé, c'est d'avoir plus de choses à
jouer, car c'est le rôle de Philippe Nahon qui m'a été proposé au début. Si Nahon avait été à ma place, dès
qu'il ouvre la porte, on se serait tout de suite dit que ça allait barder. Fabrice Du Welz me disait qu'il y
avait en moi une sorte de fragilité qui rendait le personnage plus intéressant.
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FESTIVAL DE GERARDMER 2005
La 12e édition du festival Fantastic'Arts de Gérardmer s'est achevée par un triomphe francophone suffisamment rare pour être relevé. Retour sur les tendances, le palmarès, critiques des films primés, compte-rendu de la conférence de presse donnée par Roger Corman et, en bonus, interview de l'équipe de Calvaire: Fabrice Du Welz et Jackie Berroyer.
C'est sous un beau temps d'hiver, avec un dosage froid/neige/soleil presque parfait, que s'est déroulé du 26 au 30 janvier 2005 le 12e festival Fantastic'Arts de Gérardmer. La manifestation était un peu en demi-teinte, moins people que l'année précédente, même si cet état de fait relevait plus d'une désaffection des personnalités que d'une volonté spécifique des organisateurs. Des personnalités annoncées (Laurent Ruquier et même Paco Rabanne au sein du jury!) n'ont pas daigné se déplacer. Au niveau du jury long métrage, le président Barry Levinson a été effacé voir absent, à l'image de sa conférence de presse organisée en catimini.
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