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Le pari était d'autant plus risqué qu'il n'avait pas, à la différence du film Harry Potter), la caution
morale de l'écrivain. Il se jetait donc sans filet dans la gueule des fans affamés, prêts à crier au scandale
pour chaque entorse, chaque pas de travers.
Peter Jackson (Lire le portrait) n'a pas retranscrit à la lettre le texte de Tolkien mais en a ressuscité l'esprit, extrait la
substantifique moelle pour une adaptation intelligente, la transposition d'un art figé - la littérature - à
un art en mouvement, de par sa définition même le cinéma.
Mais Peter Jackson aime Le Seigneur des Anneaux, de tout son coeur, de tous ses mouvements de caméra.
Chaque plan respire Tolkien. Le réalisateur néo-zélandais restitue l'atmosphère mélancolique du livre grâce à
la magnifique musique d'Howard Shore et une somptueuse photographie qui accentue les regards et rend chaque
visage expressif. Un sentiment de fin du monde plane perpétuellement sur le film qui - malgré quelques gags
dus à la facétie de Peter Jackson - reste sobre et solennel.
Quant au casting, il est tout simplement parfait, avec des mentions spéciales pour Viggo Mortensen,
ahurissant en Aragorn, Liv Tyler et Cate Blanchett évidentes Dames Elfes, et pour Christopher Lee (Saroumane)
et Ian McKellen (Gandalf), parfaits. Deux magiciens autrefois amis dont le duel est au centre du film, avec
un combat d'anthologie, d'une violence inouïe. Peter Jackson a d'ailleurs accentué - à raison au vu du
résultat - la place de Saroumane et de ses orques déments. Les Hobbits, dont la représentation est un gros
questionnement pour les fans - sont peut-être moins réussis, un peu trop lisses malgré des plans répétés sur
leurs pieds et le respect des caractères de chacun. Sam Gamegie et Bilbo sont les plus réussis grâce aux
excellentes interprétations de Sean Astin et Ian Holm.
Bien sûr il est difficile de critiquer - en bien ou en mal - le premier volet d'une trilogie, le premier
épisode, que l'on pourrait qualifier d'exposition, et qui donc souffre parfois de baisse de rythme. La
sauvagerie finale, la courte mais magnifique séquence du gué, la scène - déjà dans les annales du cinéma ? -
de la traversée de la Moria laissent augurer le meilleur pour la suite - plus riche en action - des aventures
de Frodon et ses amis. |
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